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Le traité de libre-échange "va échouer" si les USA ne font pas de concessions

Sigmar Gabriel fait partie du camp des opposants au traité transatlantique.

Sigmar Gabriel fait partie du camp des opposants au traité transatlantique. - Tobias Schwarz- AFP

"Le TTIP provoque des crispations en Allemagne. Sigmar Gabriel, ministre de l'Économie allemand dénonce le fait que les "Américains ne veulent pas ouvrir leurs appels d'offres publics aux entreprises d'Europe"."

Le président américain Barack Obama rend visite ce dimanche à Hanovre à Angela Merkel, avec qui il souhaite défendre le traité de libre-échange transatlantique malgré des critiques au sein même du gouvernement allemand.

"Les Américains ne veulent pas ouvrir leurs appels d'offres publics aux entreprises d'Europe. C'est tout le contraire du libre-échange, selon moi", a dénoncé le ministre allemand de l'Économie Sigmar Gabriel dans une interview au quotidien économique Handelsblatt. "Si les Américains s'en tiennent à cette position, nous n'avons pas besoin de traité de libre-échange. Et le TTIP va échouer", a prévenu le numéro deux du gouvernement allemand.

Un avertissement lancé alors que lundi s'ouvre à New York un nouveau cycle de négociations sur le TTIP, le 13e depuis 2013. Officiellement, Washington, comme Berlin, vise un accord cette année, mais les divergences semblent difficiles à surmonter d'ici à la fin de l'année.

La position des Américains se résume à "achetez américain" dans ce traité, ce qui n'est "pas acceptable", selon Sigmar Gabriel. Par ailleurs, "je n'approuverai aucun traité qui prévoit un tribunal d'arbitrage privé", a averti le ministre socialiste.

La crainte d'un nivellement par le bas

L'accord de libre-échange provoque des crispations en Allemagne, où entre 35.000 et 90.000 personnes ont manifesté à Hanovre samedi. Non seulement par crainte d'un nivellement par le bas des normes environnementales et sanitaires européennes, mais aussi car il laisse la possibilité aux multinationales de contester les lois d'un État devant une justice d'arbitrage.

Sur ce dernier point, l'administration Obama a tenu à se montrer ouverte à des alternatives. "Je pense que nous sommes en mesure de trouver un compromis qui remplisse notre objectif commun de protéger l'investissement tout en sauvegardant l'intérêt général", a déclaré la secrétaire d'Etat au Commerce Penny Pritzker, dans une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel. "Notre administration veut un accord et nous aimerions l'obtenir cette année", a-t-elle ajouté. 

C.C. avec AFP