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Le SMIC allemand n'a (presque) pas entraîné de licenciements

Le salaire minimum allemand n'a pas donné lieu à des licenciements massifs

Le salaire minimum allemand n'a pas donné lieu à des licenciements massifs - Patrick Stollarz - AFP

L'introduction d'un salaire minimum outre-Rhin n'a pas poussé les employeurs à licencier massivement, selon une étude de l'institut IAB. Toutefois, beaucoup d'entreprises ont répercuté la hausse du coût de production dans leur prix et ont modéré les embauches.

N'en déplaise à ses détracteurs, l'introduction du salaire minimum en Allemagne l'an dernier, ne s'est pas traduite par des licenciements massifs.C'est ce que démontre une étude de l'institut IAB publiée ce mercredi 17 août.

L'institut s'est penché sur la question au moyen d'un sondage auprès de 16.000 entreprises. Selon ses résultats, moins de 5% des employeurs concernés par le salaire minimum, c'est-à-dire qui ont dû au 1er janvier 2015 augmenter la rémunération de certains salariés, ont réagi par des licenciements.

En revanche, pas loin d'une entreprise sur cinq (18%) a rehaussé les prix de vente de ses services ou produits, dont le coût de production s'est trouvé d'un coup renchéri. La même proportion a adapté le temps de travail, et une sur dix a fait montre de plus de retenue dans ses embauches.

60.000 postes en moins

Au total, l'IAB estime à 60.000 le nombre de postes perdus ou non-créés à cause du salaire minimum - sur un total de plus de 42 millions d'actifs en Allemagne, et alors que, depuis 2014, quelque 436.000 emplois soumis à cotisations sociales, c'est-à-dire des "vrais" emplois en opposition à des petits boulots, ont été créés.

Rompant avec la tradition bien ancrée en Allemagne de non-ingérence de la politique dans les négociations salariales, Berlin a introduit un salaire minimum de 8,50 euros bruts de l'heure l'an dernier. C'était une concession majeure des conservateurs d'Angela Merkel au partenaire de coalition social-démocrate. Certains à droite, et un certain nombre d'économistes, ont joué les Cassandre, prédisant des licenciements à la pelle.

Le chômage pointe néanmoins au plus bas depuis la Réunification, à 6,1% en chiffres corrigés des variations saisonnières. En revanche, le prix de certains services notamment a augmenté, par exemple chez les coiffeurs, ou les trajets en taxi. Mais l'effet sur une inflation étouffée par la dégringolade des prix de l'énergie est indolore. 

Et du côté des bénéficiaires de la mesure, "les effets positifs sur la rémunération sont incontestés", relève l'IAB.

J.M. avec AFP