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Le recul sur la taxe carbone confirmé par Nicolas Sarkozy

LA TAXE CARBONE EN EUROPE

LA TAXE CARBONE EN EUROPE - -

PARIS - Nicolas Sarkozy a confirmé qu'il subordonnait désormais la mise en place d'une taxe carbone en France à la création d'un tel dispositif...

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a confirmé qu'il subordonnait désormais la mise en place d'une taxe carbone en France à la création d'un tel dispositif aux frontières de l'Union européenne.

Dans une déclaration solennelle à l'issue du conseil des ministres, le président français a lancé un appel à "une prise de responsabilité générale" de l'Europe, afin qu'elle admette le principe d'une protection de ses entreprises et de ses emplois "contre les concurrences déloyales".

Il n'en a pas moins confirmé que l'instauration d'une taxe carbone en France, d'abord programmée le 1er janvier 2010 avant que le Conseil constitutionnel ne la censure, puis pour le 1er juillet prochain, était de facto reportée sine die.

"Le dumping environnemental menace nos emplois. Il serait absurde de taxer les entreprises françaises en donnant un avantage compétitif aux entreprises des pays pollueurs", a dit le chef de l'Etat.

"Je confirme notre choix d'une fiscalité écologique mais je subordonne la création d'une taxe carbone intérieure à une taxe aux frontières qui protègera notre agriculture et nos industries contre la concurrence déloyale de ceux qui continuent à polluer sans vergogne", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a ainsi cédé aux sirènes de son parti, l'UMP, qui avait voté en traînant les pieds la première mouture de la taxe, censurée en décembre 2009 par le Conseil constitutionnel, et protestait contre la deuxième version en préparation.

Nombre de dirigeants et d'élus de l'UMP ont fait de ce projet de taxe un des facteurs de la déroute électorale de la majorité aux élections régionales - sans considérer qu'elle était pour l'essentiel compensée, tant pour les particuliers que pour les entreprises.

"Je ne suis pas un homme qui renonce à la première difficulté", avait pourtant déclaré Nicolas Sarkozy le 31 décembre dans ses voeux aux Français.

Quelques semaines plus tôt, il avait estimé que la France devait montrer l'exemple. Il avait également comparé l'instauration d'une taxe carbone intérieure à l'abrogation de la peine de mort et à la décolonisation.

Le chef de l'Etat n'a finalement pas tenu compte des quelques voix qui se sont élevées à droite pour lui demander de ne pas céder à "l'éco-scepticisme ambiant", comme celle de l'ancien Premier ministre Alain Juppé.

Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, et sa secrétaire d'Etat, Chantal Jouanno, n'ont pas caché leur déception, cette dernière se disant même "désespérée".

Les analystes familiers de la scène européenne jugent aujourd'hui hautement improbable la création aux frontières de l'Union d'une taxe carbone dans un avenir proche.

Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet