BFM Business

Le PIB français chute de 5,8% au 1er trimestre, du jamais-vu depuis 1949

La consommation des ménages se replie lourdement à la suite de l’arrêt des activités non essentielles dans le contexte de la mise en place du confinement à partir de la mi-mars. La France est désormais en récession.

La chute était attendue, elle est sans précédent depuis les années d'après-guerre. Au premier trimestre 2020, le produit intérieur brut (PIB) en volume baisse fortement : -5,8 %, soit la baisse la plus forte sur l’historique de la série trimestrielle, depuis 1949, selon les chiffres de l'Insee publiés jeudi. Après le recul de 0,1% enregistré au dernier trimestre 2019, cette performance confirme que la France est bien entrée en récession.

L’évolution négative du PIB au premier trimestre 2020 est principalement liée à l’arrêt des activités non essentielles dans le contexte de la mise en place du confinement à partir de la mi-mars, rappelle l'institut. Précisons que le confinement ne concerne que 15 jours sur ce trimestre, l'arrêt de l'économie française est donc brutal.

Tous les voyants sont au rouge avec évidemment des dépenses de consommation des ménages en chute (-6,1 %). Elle se replie tant du côté des biens (-7,3 % ) que du côté des services (-5,2 %). S’agissant des biens, la consommation de biens fabriqués chute lourdement (-16,3 %) et les dépenses en énergie baissent (-4,8 %) en raison notamment de températures clémentes et d’une forte baisse des achats de carburants. En revanche, les dépenses alimentaires augmentent nettement (+2,4 % après +0,5 %).

Seules les dépenses alimentaires progressent

La formation brute de capital fixe (FBCF) baisse de manière encore plus prononcée (-11,8 %). En particulier, l’investissement diminue dans la construction (-13,8 %) en lien avec l’arrêt de chantiers lors de la deuxième quinzaine du mois de mars.

Au total, la demande intérieure finale hors stocks diminue fortement : elle contribue pour -6,6 points à l’évolution du PIB.

Les exportations chutent également ce trimestre (-6,5 %), de même que les importations, mais de manière légèrement moins marquée (-5,9 %). Au total, le commerce extérieur contribue négativement à la croissance du PIB : -0,2 point, après -0,1 point au trimestre précédent. À l’inverse, les variations de stocks y contribuent positivement (+0,9 point).

La production totale de biens et services baisse fortement (-5,5 %). Elle baisse le plus dans la construction (-12,6 %), tandis que la production de biens se réduit de -4,8 % et la production manufacturière diminue de -5,6 %. La production de services marchands se réduit au total de 5,7 %.

Olivier Chicheportiche