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Le moral des ménages continue à se redresser

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- - Philippe Huguen - AFP

Pour la première fois depuis avril 2018, l’indice passe la moyenne des 100 points après avoir touché un plus bas en décembre dernier en pleine crise des Gilets jaunes.

Rassurés quant à leurs perspectives de dépenses, d’épargne et d’emploi, les Français voient leur moral remonter mois après mois. Ainsi, l'indice de confiance des ménages dépasse en juin sa moyenne de longue période (100 points) pour la première fois depuis avril 2018, a annoncé l'Insee mercredi dans un communiqué. Il se fixe à 101 points et gagne deux points par rapport au mois de mai.

Rappelons que cet indicateur est calculé sur la base de soldes d'opinion (différences entre proportion de réponses positives et négatives). Il s’éloigne encore un peu plus de son niveau de décembre à 87 points, son plus bas niveau depuis 2014, en pleine crise des "gilets jaunes".

Bonne nouvelle pour le gouvernement qui mise énormément sur ses mesures pour relancer la consommation, en juin, la proportion de ménages jugeant opportun de faire des achats importants a augmenté pour le sixième mois consécutif, le solde d'opinion correspondant a gagné un point, selon l'Insee. L'ouverture des soldes ce mercredi fera figure de test pour valider ce sentiment.

L'opinion des ménages sur leur capacité d'épargne future a également progressé (+3 points). La part des ménages jugeant opportun d'épargner a en revanche légèrement baissé (-1 point), laissant entrevoir un possible rééquibrage entre l'épargne -- actuellement très élevée -- et la consommation.

Rééquilibrage entre l’épargne et la consommation

En effet, au premier trimestre, les gains de pouvoir d’achat ont progressé de 2,3%, un niveau jamais vu depuis 2007. Mais comme beaucoup d’économistes le redoutaient, ces gains sont pour le moment plus affectés à l’épargne qu’à la consommation.

« On a été un peu surpris sur la consommation au premier trimestre », a reconnu Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l'Insee. Cette dernière n’a progressé que de 0,4% sur la période alors que le taux d'épargne a lui augmenté à 15% et l'Insee estime qu'il devrait rester à ce niveau.

Les gains de pouvoir d'achat « ont tardé à se transmettre à la consommation, l'effet devant s'étaler sur plusieurs trimestres », ajoute le responsable. Dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee confirme une croissance pour cette année de 1,3%, la même prévision que la Banque de France, l’OCDE ou encore le FMI. Le rythme devrait être de 0,3% par trimestre. Ca sera mieux que l’Allemagne et que la zone euro.

Le solde d'opinion sur le niveau de vie futur en France, de son côté, a augmenté de 2 points. Les craintes des ménages concernant l'évolution du chômage sont restées stables, bien au-dessous de leur moyenne de longue période.

L’Insee table sur 241.000 créations nettes d'emplois sur l'année et une décrue du chômage d'environ 0,1 point par trimestre avec un taux devant tomber à 8,3% au dernier, contre 8,8% à la fin 2018.

Olivier CHICHEPORTICHE