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Le Medef veut que Bercy reporte d'un an le prélèvement à la source

"Le gouvernement envisage de laisser au contribuable la possibilité de modifier son taux tous les mois, ce qui n'existe, à notre connaissance, dans aucun autre pays" déplore Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président du Medef en charge des questions économiques.

"Le gouvernement envisage de laisser au contribuable la possibilité de modifier son taux tous les mois, ce qui n'existe, à notre connaissance, dans aucun autre pays" déplore Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président du Medef en charge des questions économiques. - Eric Piermont-AFP

"Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, demande le report d'un an, au 1er janvier 2019, du prélèvement à la source. Il invoque plusieurs problèmes que ce projet pose aux entreprises,  encore sans réponse."

Placées en première ligne dans le projet gouvernemental de prélever l'impôt sur le revenu à la source, les entreprises commencent à renâcler sérieusement. Pour le Medef, ce futur dispositif, qui prévoit que l'impôt soit collecté par les employeurs, "va créer de la complexité pour les entreprises", déplore Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef chargé des questions économiques, dans un entretien au Figaro, ce samedi 2 avril 2016.

Le responsable patronal juge "qu'il n'est pas raisonnable de mettre en place à marche forcée ce prélèvement au 1er janvier 2018", comme le stipule le projet et "Nous avons donc formellement demandé à Michel Sapin (ministre des Finances, ndlr) de repousser d'un an, au 1er janvier 2019, son entrée en vigueur, ainsi qu'une expérimentation à grande échelle".

Le Medef déplore l'impact financier sur les logiciels de paie

Selon lui, de nombreux et complexes problèmes se posent aux entreprises. "Le gouvernement envisage de laisser au contribuable la possibilité de modifier son taux tous les mois, ce qui n'existe, à notre connaissance, dans aucun autre pays. Tous les mois, l'entreprise recevra un taux pour chaque salarié" explique le vice-président du Medef.

En outre, "Il faudra effectuer des modifications du logiciel de paie, qui sont pour l'instant difficiles à chiffrer, mais aussi effectuer tous les paramétrages informatiques des nombreux cas atypiques. Ce coût doit être pris en charge par l'État" soutient Geoffroy Roux de Bézieux.

Ces critiques font écho à celles déjà exprimées par la CGPME, par la voix de sa déléguée nationale, Sophie Duprez.

Le projet de réforme gouvernemental, présenté le 16 mars par le ministre des Finances Michel Sapin et qui sera soumis au Parlement en juin, propose que l'impôt soit prélevé par l'employeur, sur la base d'un taux d'imposition calculé et transmis par l'administration fiscale.

F.Bergé