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Le Medef estime qu'il y a eu un pic de "6 à 7 millions" d'équivalents temps plein au chômage partiel

Sur BFM Business, Patrick Martin, président délégué de l'organisation patronale conteste la méthode de calcul des pouvoirs publics.

Selon les chiffres de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) cités par le gouvernement, le pic du chômage partiel a été atteint le 12 mai dernier avec 12,3 millions de demandes par les entreprises pour leurs salariés. Mais pour Patrick Martin, président délégué du Medef et invité ce mardi sur BFM Business, ce chiffre donne une vision déformée de la réalité.

"Les chiffres communiqués sont vrais mais c'est les demandes conservatoires et en amont des entreprises. Après elles ont plus ou moins tiré leurs droits sur l'activité partielle. Nous, on pense qu'en pic on a été plutôt autour de 6 à 7 millions de salariés en activité partielle équivalent temps plein, ce qui malgré tout reste énorme. Mais ce n'est pas 12 à 13 millions" de personnes. Une différence de taille donc. Et aujourd'hui, l'organisation estime que le chômage partiel concerne "4 à 5 millions" de salariés.

Coût surévalué?

De quoi pousser le Medef à s'interroger sur les 5 milliards d'euros supplémentaires inscrits dans le troisième projet de budget rectificatif pour prendre en charge ce chômage partiel pour le reste de l'année. "Les chiffres présentés par le ministère des Finances sont probablement pessimistes", analyse ainsi le responsable.

Bonne surprise ou pas, le Medef répète néanmoins que l'Etat ne doit pas alléger son soutien au dispositif en faisant augmenter le reste à charge payé par les entreprises. "Ces dispositifs précieux ne (doivent) pas être retirés précipitamment. On n'a pas de visibilité sur ce que sera l'activité à la rentrée. Donc nous, on avait demandé que rien ne se fasse au-delà de ce qui a été fait au 1er juin avant fin septembre. A priori, c'est ce qui va être retenu par le gouvernement et c'est bien". 

Pour rappel, depuis le 1er juin, les conditions du chômage partiel sont légèrement moins avantageuses pour les entreprises. Auparavant, l'Etat prenait en charge 100% de l'indemnisation des salariés au chômage partiel. Une indemnisation qui représente 70% du brut ou 84% du net (les entreprises peuvent compléter par la suite pour maintenir 100% du salaire). Désormais, l'Etat ne prend plus en charge que 60% du salaire brut (toujours dans la limite de 4,5 fois le smic). L'employeur devant maintenir 70% de la rémunération brute, cela correspond à un reste à charge d'un peu plus de 14% pour les entreprises. 

Patrick Martin confirme également que le gouvernement, les syndicats et le patronat "travaillent sur des dispositifs complémentaires notamment pour l'activité partielle de longue durée. Il faut qu'on soit très mobile, très agile et très adaptable dans cette situation très incertaine".

Olivier Chicheportiche