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Le marché ne tremble pas après l'élection de François Hollande

Le 7 mai, la Bourse de Paris a ouvert en baisse avant de se ressaisir très nettement.

Le 7 mai, la Bourse de Paris a ouvert en baisse avant de se ressaisir très nettement. - -

Lundi 7 mai au matin, les Bourses européennes étaient en légère baisse. Mais ce repli n’est pas tant dû à la victoire du candidat socialiste qu’à l’effondrement des partis pro-austérité en Grèce.

Les Cassandre promettaient une chute vertigineuse après l’élection de François Hollande à la tête de la présidence de la République française. Il n'en est rien. La baisse a bien eu lieu mais elle est restée très modérée (-0,20% pour le CAC 40 à la mi-séance) et doit être nuancée.

Les marchés restent effectivement dans l’expectative quant à l’action du nouveau Président français sur les finances publiques. "Beaucoup d’attentes subsistent. Nous espérons que la France n’est pas en train de s’éloigner du modèle allemand, dans le sens où un contrôle des déficits est une chose importante ", expliquait David Gaud, gérant sénior pour les marchés asiatiques chez Edmond de Rothschild Asset Management, à l'occasion de notre émission Good Morning Business, animée par Stéphane Soumier, ce 7 mai.

De même, les Bourses scrutent avec attention la position de François Hollande vis-à-vis de Berlin. "Les premières déclarations vont dans le sens de la modération avec l’Allemagne. Un point clef. Les rapports franco-allemands vont être guettés par les marchés", notait Guillaume Dard, P.-dg de Montpensier Finance dans notre émission Intégrale Bourse matin. Le nouveau président de la République doit d'ailleurs rencontrer Angela Merkel dans les jours à venir.

Un risque anticipé par les marchés

Mais, en dehors de ces interrogations, l’arrivée au pouvoir de François Hollande n’a pas fait vaciller les places boursières. Pour preuve: sur le marché de la dette, les taux à 10 ans français se détendaient très légèrement de trois points de base à 2,77% (à 12h15). Autrement dit, les investisseurs ne voient pas de risques importants sur la dette française à court terme.

"Le programme de Hollande était connu et il faisait la course en tête dans les sondages depuis longtemps. Le risque électoral était donc déjà intégré", résumait Hervé Goulettquer, responsable de la recherche marchés du Crédit Agricole CIB, sur BFM Business.

La Grèce revient hanter les Bourses

Surtout, ce n'est pas tant la victoire du socialiste français que la situation grecque qui a tiré lundi matin les marchés vers le bas. Les élections législatives grecques du 6 mai ont, en effet, abouti à une véritable impasse électorale. Le Pasok et la Nouvelle Démocratie, les deux principaux partis politiques du pays, n’ont pas obtenu de résultats suffisants pour pouvoir former un gouvernement et poursuivre la mise en œuvre des mesures d’austérité imposées par les créanciers d’Athènes.

Signes du rejet des votants grecs de la politique gouvernementale actuelle, le parti de gauche radicale, Syriza, est devenu la deuxième force politique du pays et le parti néonazi, Chryssi Avghi (Aube dorée), est entré au Parlement.

En conséquence, Philippe Waechter, directeur des études économiques de Natixis Asset Management, remarque au micro de Stéphane Soumier: "On voit bien que mettre en place une nouvelle politique d’austérité ne fonctionnera pas. Le résultat de l’élection valide l’idée que la rue peut créer une instabilité plus forte que celle observée jusqu’à présent. Il faudra être extrêmement attentif sur ce point."

Ainsi, si Paris n’a pas connu de dégringolade, Athènes n’a pas eu cette chance. La Bourse grecque s’effondrait de plus de 7,6% à l’ouverture ce matin.

Julien Marion