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Le gouvernement refuse de légiférer sur les licenciements boursiers

Des centaines de manifestants ont réclamé une loi interdiasant les licenciements boursiers, mardi 29 janvier.

Des centaines de manifestants ont réclamé une loi interdiasant les licenciements boursiers, mardi 29 janvier. - -

Malgré la mobilisation en faveur d'une loi contre les licenciements boursiers, mardi 29 janvier, le gouvernement ne compte pas légiférer. C'était pourtant une promesse du candidat Hollande, en 2012.

Malgré la grogne de plus en plus forte qui se fait entendre sur sa gauche, le gouvernement français n'entend pas légiférer pour interdire ou renchérir le coût des licenciements dit "boursiers".

Mardi 29 janvier, plusieurs centaines de salariés, la plupart issus d’entreprises visées par des plans sociaux, ont manifesté pendant qu’une délégation de syndicalistes était reçue au ministère du Travail. Celle-ci a déposé à l’intention de Michel Sapin une proposition de loi visant à interdire les licenciements aux entreprises qui font des profits, à l'instar des parlementaires du Front de gauche.

Mais le gouvernement s'en remet pour l'heure à l'accord sur la sécurisation du travail, signé le 11 janvier entre les partenaires sociaux, et n'entend pas renchérir -comme l'avait pourtant promis François Hollande dans ses 60 engagements de campagne- le coût des licenciements.

Le fossé se creuse entre le tandem gouvernement-CFDT et les autres syndicats

"Pour l'instant, ce n'est pas un sujet", a-t-on indiqué dans l'entourage du Premier ministre, qui a reçu le soutien indirect de la CFDT au niveau national. Invité de BFMTV-RMC, Laurent Berger, le successeur de François Chérèque, a en effet déclaré mardi que l'accord du 11 janvier était "une bonne base" pour lutter contre ces licenciements.

Le soutien de la CFDT à la ligne du gouvernement est à double tranchant car il accentue le risque de rupture à la fois entre le tandem exécutif-CFDT et les autres syndicats, même si le gouvernement se défend d'avoir fait du syndicat de Laurent Berger un interlocuteur privilégié. Ce dernier avait déjà été vivement critiqué par la CGT et FO pour avoir signé l’accord avec le patronat.

Yann Duvert