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Le Front de gauche veut "détricoter" l'accord sur l'emploi

André Chassaigne, le chef de file des députés du Front de gauche, a promis que ces derniers seraient "très offensifs" lors du débat visant l'accord sur l'emploi.

André Chassaigne, le chef de file des députés du Front de gauche, a promis que ces derniers seraient "très offensifs" lors du débat visant l'accord sur l'emploi. - -

André Chassaigne, le patron des députés du Front de gauche à l'Assemblée, a annoncé mardi 26 février que ses troupes allaient déposer "plusieurs centaines d'amendements" pour "détricoter" l'accord sur l'emploi.

L’interminable débat sur le mariage pour tous risque de faire des émules. Cette fois, il s’agira de la transposition dans la loi de l’accord sur l’emploi, signé le 11 janvier entre partenaires sociaux. Le texte devrait arriver à l’Assemblée nationale début avril.

En effet, les nombreuses critiques émanant de la gauche de la gauche devraient se traduire par de multiples amendements, "plusieurs centaines", à en croire André Chassaigne, chef de file du Front de gauche à l’Assemblée. "Les députés Front de gauche ont décidé d'être extrêmement offensifs durant la discussion sur ce texte de loi", a-t-il déclaré, mardi 26 février.

"Détricoter" l'accord sur l'emploi

Le dépôt de ces amendements aura pour objectif de "détricoter cet accord, article par article, pour montrer à quel point il a des conséquences extrêmement négatives pour les salariés et que c'est un texte qui porte des coups extrêmement durs au code du Travail et à la protection des salariés", a précisé le député du Puy-de-Dôme.

"Nous allons durant ce débat, début avril à l'Assemblée, décliner en amendement une proposition de loi (...) pour donner de nouveaux droits aux salariés, notamment pour interdire les licenciements boursiers", a ajouté André Chassaigne.

Les écologistes décideront plus tard

Les députés écologistes, eux, n’ont pas encore choisi leur stratégie. Ils le feront après avoir vu toutes les organisations syndicales et patronales, et ne seront pas non plus "avares d'amendements", selon l'un d'entre eux, Christophe Cavard.

Le groupe écologiste a auditionné mardi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, opposé à l'accord, après avoir entendu les semaines passées la CFDT et le Medef, deux organisations signataires. Il recevra le 12 mars la CGT, non signataire, pour faire "une lecture" de l'accord et du texte de loi transmis au Conseil d'Etat. Puis, le 19 mars le ministre de l'Emploi, Michel Sapin.

"Le groupe ne prend pas de décision sur ce texte avant que les auditions ne soient finies, avant que nous ayons eu un débat au sein du parti, au sein du conseil fédéral du 23 mars", a-t-il ajouté.

Les députés peuvent donc s’attendre à passer quelques longues heures sous les toits du Palais Bourbon.

Yann Duvert