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Le French Bashing n'a plus la cote à Londres

La Une du Guardian avec la photo peu flatteuse de Hollande au sortir d'un déjeuner londonien avec Cameron.

La Une du Guardian avec la photo peu flatteuse de Hollande au sortir d'un déjeuner londonien avec Cameron. - -

Le Financial Times sonne la fin de la récré outre-Manche, ce mercredi 23 avril. "La bombe à retardement française n'explosera pas", n'en déplaise aux "french bashers", tonne le quotidien britannique.

"La bombe à retardement française peut être facilement désamorcée". C'est le titre d'un article publié dans le Financial Times (article payant) ce 23 avril.

"La France a été caractérisée par certains comme une 'bombe à retardement' au cœur de la zone euro. Cela a été exagéré, mais il reste sans doute de la nécessité d'une restructuration importante", entame le quotidien économique et financier d'outre-Manche.

L'auteur pointe ainsi "les progrès" réalisés dans l'Hexagone, la reprise de la croissance, quand bien même son rythme est "anémique", et les faibles taux d'emprunt du pays. Bref, les "détracteurs de la France ont été déçus".

Les titres britanniques nous avaient pourtant habitués à un dénigrement plus systématique de la France. Cet acharnement a même donné naissance à un sport devenu populaire auprès des politiques également: le "french bashing". Une tradition de longue date entre la perfide Albion et la patrie des droits de l’homme. Mais le ton s'était durcit outre-Manche depuis 2012 et l'élection de François Hollande.

Londres se délecte du Closergate

Promesse du Premier ministre, David Cameron, de "dérouler le tapis rouge" aux entreprises prêtes à fuir la France, assimilation du régime avec celui de "la terreur et la tyrannie" sous la Révolution française par le maire de Londres, Boris Johnson… Les déclarations au vitriol s'étaient multipliées.

Un climax avait été atteint avec un dossier de The Economist, "la France, bombe à retardement au cœur de l'Europe", illustré d'un fagot de baguettes de pain en forme de bâtons de dynamite. C'est d'ailleurs à cette Une que fait directement référence le FT aujourd'hui.

Les Anglais s'étaient encore délectés des frasques sentimentales du dirigeant français à l'occasion du Closergate. Et encore en février, même le francophile Guardian publiait en page de garde une photo de François Hollande (ci-dessus), au sortir d'un déjeuner avec James Cameron à Londres, soupirant à s'en gonfler les joues, estampillée du titre "Nice lunch, Monsieur le Président?".

Is #France the new ticking time bomb in the heart of Europe? The Economist seems to think so. pic.twitter.com/8XvJ6e8R1M
— Dan Bilefsky (@DanBilefsky) 8 Novembre 2013
Nina Godart