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Le FN sommé de fermer ses comptes à la Société générale

Wallerand de Saint-Just, le trésorier du Front national.

Wallerand de Saint-Just, le trésorier du Front national. - Miguel Medina - AFP

Selon le trésorier du FN Wallerand de Saint-Just confirmant les informations de plusieurs médias, la banque a rompu sa relation avec le parti dirigé par Marine Le Pen. Reste à savoir pourquoi.

Le Front national avait déjà fait part de ses difficultés à trouver une banque auprès de laquelle emprunter. Cette fois, une nouvelle étape semble avoir été franchie puisque, selon Mediapart et France Inter, le parti dirigé par Marine Le Pen a été sommé de clôturer les comptes qu’il détenait à la Société générale.

Selon les deux médias, tous les comptes du parti (comptes courants et livrets), y compris ceux des fédérations, sont concernés. Dans un courriel interne, le trésorier du FN Wallerand de Saint-Just, évoquant des "circonstances indépendantes de [leur] volonté", demande ainsi aux élus de reverser leur part d’indemnité par chèque plutôt que par l’habituel prélèvement automatique.

Interrogé par RMC et BFMTV, le cadre frontiste a dénoncé une "décision politique". Et réfute l’hypothèse d’un surendettement du parti: "Nous avons une dette d’un emprunt datant de septembre 2014 - de 9 millions d’euros - mais qui sera remboursé en septembre 2019. Sinon, nous n’avons aucun emprunt auprès de la Société générale. Nous n’avons jamais eu aucun découvert en trésorerie, pas un centime. Avec la Société générale, tout a toujours parfaitement fonctionné", a-t-il déploré.

La Société générale garde le silence

"La Société générale était la banque du Front national depuis plusieurs dizaines d'années et au mois de juillet, elle nous a indiqué qu'elle éjectait tous nos comptes et le compte du mandataire financier du Front national. Elle n'a donné aucune raison. J'ai fait tous les recours internes, ils n'ont absolument pas abouti", a-t-il encore déclaré.

Interrogée, la banque française a, comme à son habitude, refusé de communiquer sur l’un de ses clients. Mais il convient de rappeler qu’une banque peut rompre une relation avec l’un d’eux pour plusieurs motifs, énoncés dans les conditions générales de la convention de compte. Il peut s’agir par exemple de l’absence de remboursement de dettes, de crédits, ou pour des questions morales.

En 2014, le FN n’avait eu d’autre choix que de recourir aux services d’un établissement russe, notamment après un refus de la Société générale. À l’époque, son patron Frédéric Oudéa avait assuré qu’aucun prêt ne serait accordé aux partis politiques, pour des raisons financières mais aussi de neutralité politique.

Y.D.