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Le FN pourra-t-il taxer les employeurs de salariés étrangers?

Marine Le Pen veut taxer à hauteur de 10% l'emploi de salariés étrangers.

Marine Le Pen veut taxer à hauteur de 10% l'emploi de salariés étrangers. - Martin Bureau - AFP

Marine Le Pen a confirmé ce jeudi son intention d'instaurer une taxe de 10% sur le salaire des employés étrangers. Et même si la dirigeante assure que cette disposition existe déjà, la réalité est plus complexe.

Une fois élue, Marine Le Pen compte bien instaurer une taxe, payée par les entreprises, sur les contrats de travail des étrangers. La présidente du Front national l’a confirmé ce jeudi sur BFMTV et RMC, précisant que son montant s’élèverait à "10% (du salaire) par mois".

Une mesure devenue symbole de la "préférence nationale", cette vieille rengaine frontiste que la dirigeante entend inscrire dans la Constitution française. Face aux interrogations sur la pertinence d’une telle proposition, Marine Le Pen répète à l’envi qu’une disposition similaire existe déjà en France. Ce n’est qu’à moitié vrai: pour embaucher un travailleur étranger, une entreprise doit effectivement s’acquitter d’une taxe auprès de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).

Son montant est fonction du type de contrat et de la rémunération du salarié: pour un contrat de 3 à 12 mois, il est ainsi de 74 euros pour un salarié au Smic. Entre 1 et 1,5 Smic, la taxe s’élève à 210 euros, et peut atteindre 300 euros au-delà de cette limite. Enfin, pour les contrats dont la durée est supérieure à un an, l’employeur doit s’acquitter de 50% du salaire mensuel dans la limite de 2,5 Smic.

Les Européens bientôt concernés? 

À titre d’exemple, si une entreprise choisit d’employer un étranger pour un salaire de 1.500 euros par mois en CDI, elle s’acquittera d’une taxe de 750 euros. Marine Le Pen, elle, propose de prélever 10% du salaire des employés étrangers, chaque mois.

Cette même entreprise devrait alors payer 1.800 euros par an. Autre différence notable: aujourd’hui, cette taxe n’est acquittée que par les entreprises qui embaucheraient un étranger hors Union européenne. La candidate frontiste, elle, veut l’élargir aux ressortissants européens, ce qui se heurtera inévitablement aux lois de l’UE.

Sur ce point, le FN reste campé sur ses positions: une fois élue, Marine Le Pen compte en effet renégocier l’ensemble des traités en cours. Et en cas d’échec, organiser un référendum en vue d’une sortie de l’UE. Ce qui réglerait le problème de manière radicale.

Enfin, la disposition actuelle prévoit que seule la première embauche soit taxée. Marine Le Pen veut là aussi aller plus loin, proposant que l’emploi d’étrangers résidant déjà légalement en France le soit également.