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 Le bonheur au travail a trouvé ses indicateurs

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De nombreuses entreprises n'hésitent pas à afficher l'évolution de leurs taux d'absentéisme et de turn over comme des preuves tangibles de leur capacité à agir pour leurs salariés.

Quel est l'argument numéro un pour prouver au monde que dans votre boite, vos salariés sont heureux ?

Réponse A : vous montrez les photos des séminaires " regardez comment on s'amuse chez nous"

Réponse B : vous montrez des photos de votre chef du bonheur au travail " regardez comme il est solaire, il donne envie d'être heureux"

Réponse C : vous montrez une photo de vos locaux " regardez comme c'est beau ce corner Starbucks avec ses tous ces gobelets"

Alors ? Aucune des trois. En tout cas, pas auprès des responsables auxquels nous avons parlé récemment. Non ! il y a quelque chose de nouveau dans l'argumentaire sur le bonheur au travail. Désormais on affiche son taux d'absentéisme et son taux de turn over comme preuve de son action. Ce sont devenus des indicateurs de bonheur au travail. Chez Mini green Power, par exemple qui fabrique des mini centrales d'énergie, le patron explique avoir fait en 2016 une enquête de satisfaction. A l'époque, il est sûr du résultat, persuadé que dans sa boite on est très heureux.

Douche froide : les remontées sont très mauvaises. Le management est perçu comme trop autoritaire, certains dirigeants sont envoyés en formation. Deux ans plus tard, le turn over a été divisé par trois et le chiffre d'affaires multiplié par quatre. Cette histoire, le fondateur en fait la démonstration que sa boite a su se remettre en question et c'est un argument d'attractivité majeur.

Chez Iterop qui fabrique des logiciels de gestion dans la Haute-Garonne, on a pas encore eu besoin de se remettre en question car "depuis la création en 2013, personne n'est jamais parti". Zéro turnover, zéro absentéisme : les patrons le crie sur tous les toits. Alors facile répondront certains, ils ne sont que 15 salariés. Mais chez Arkopharma par exemple où ils sont 1200, on a investi 25 millions d'euros sur propositions de salariés pour améliorer le processus de production des compléments alimentaires. Objectif : la chasse à la complexité. Résultat : chute de l'absentéisme.

Alors qu'est-ce que j'essaye de vous prouver ? qu'il y a des boites qui marchent ? Non, mais appelez le comme vous voulez : recherche qualité, excellence opérationnelle, quête du bonheur au travail. Peu importe, mais avec l’absentéisme et de turn over, on a trouvé deux indicateurs tangibles qui permettent de ne plus parler dans le vent. Et ça c'est un tournant. Qui sait, la prochaine fois que Michel passera un entretien d'embauche au lieu de demander si le café est gratuit il demandera peut être à voir les chiffres de l'absentéisme sur 10 ans.