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La retraite à 60 ans n'est pas un dogme pour Martine Aubry

Devant les militants de son parti réunis pour une convention en Seine-Saint-Denis, Martine Aubry a déclaré qu'elle ne considérait pas la retraite à 60 ans comme un "dogme" mais a prévenu le gouvernement que le Parti socialiste, comme les syndicats, n'acce

Devant les militants de son parti réunis pour une convention en Seine-Saint-Denis, Martine Aubry a déclaré qu'elle ne considérait pas la retraite à 60 ans comme un "dogme" mais a prévenu le gouvernement que le Parti socialiste, comme les syndicats, n'acce - -

PARIS - Martine Aubry ne considère pas la retraite à 60 ans comme un "dogme" mais prévient le gouvernement que le Parti socialiste, comme les...

PARIS (Reuters) - Martine Aubry ne considère pas la retraite à 60 ans comme un "dogme" mais prévient le gouvernement que le Parti socialiste, comme les syndicats, n'acceptera pas une réforme principalement articulée autour des questions d'âge et de durée de cotisation.

Devant les militants de son parti réunis pour une convention en Seine-Saint-Denis, le Premier secrétaire du PS a pris soin de balayer toute impression de divergence avec son rival potentiel Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier, quelques jours plus tôt, avait affirmé ne pas considérer la retraite à 60 ans comme un dogme dans une société où l'espérance de vie serait un jour de cent ans.

"Nous ne considérons pas qu'il s'agit d'un dogme, nous considérons simplement que c'est une affaire de justice", a affirmé Martine Aubry

"Si la droite en fait un outil idéologique, quitte à sacrifier des millions de salariés, nous serons là, avec les syndicats", a-t-elle averti trois jours après une journée de mobilisation intersyndicale à laquelle le PS a participé.

Le projet socialiste, dévoilé le 18 mai, maintient l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans, un acquis du premier septennat de François Mitterrand et dont le gouvernement ne cache plus qu'il sera remis en cause dans le cadre de la réforme en préparation.

Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre socialiste de l'Economie, aujourd'hui directeur général du Fonds monétaire international, a jeté un pavé dans la mare du PS en expliquant, le 20 mai dans une interview télévisée, que "si on arrive à vivre cent ans, on ne va pas garder la retraite à 60 ans".

"OUVRIR TOUTES LES PISTES"

Devant la convention du PS réunie à la Plaine-Saint-Denis, Martine Aubry a cherché le consensus tout en attaquant bille en tête le projet du gouvernement, qu'elle soupçonne de vouloir "passer en force juste avant la Coupe du monde de foot" et de ne viser qu'un "pseudo-équilibre" du régime des retraites en 2012, année d'élection présidentielle.

"Il faut ouvrir toutes les pistes de manière équilibrée", a-t-elle expliqué aux militants.

"Nous voulons qu'on prenne en compte la démographie mais nous voulons qu'on le fasse de manière juste, en prenant en compte la pénibilité du travail, et nous voulons surtout qu'on aille chercher des ressources pour que la réponse soit durable et efficace", a-t-elle dit.

Le PS préconise ainsi de relever l'imposition des banques pour alimenter le Fonds de réserve des retraites ou de soumettre à cotisation les stock-options, la participation ou l'intéressement.

"Aucune de nos propositions ne touche les classes moyennes et populaires, aucune de nos propositions ne touche les petites et moyennes entreprises", a assuré la responsable du PS.

"Le Conseil d'orientation des retraites l'a dit, même si on repousse l'âge de 60 à 63 ans, même si on repousse de 41 ans à 45 ans la durée de cotisation, cela n'apportera que le tiers des ressources dont on a besoin", a-t-elle observé.

"Non seulement l'âge légal est une mesure injuste mais elle est totalement inefficace sur le plan économique."

La convention de samedi, consacrée au "nouveau modèle économique, social et écologique" du PS, est la première de quatre prévues en 2010 pour peaufiner le projet du premier parti d'opposition avant les primaires qui, l'année prochaine, désigneront son candidat à l'élection présidentielle.

Les trois autres seront consacrés à la "rénovation", avec notamment l'épineuse question du cumul des mandats, à "l'international" et à "l'égalité réelle". S'y ajouteront quatre "forums des idées" sur l'agriculture, l'avenir de l'université, la sécurité et la culture.

Véronique Tison, édité par Jean-Loup Fiévet