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"La lutte contre le terrorisme n'est pas antinomique de la responsabilité budgétaire"

Michel Sapin va devoir trouver une solution budgétaire.

Michel Sapin va devoir trouver une solution budgétaire. - Eric Piermont - AFP

Michel Sapin va faire des propositions au Parlement pour concilier efforts budgétaires et dépenses sécuritaires.

Michel Sapin doit jouer à un jeu d'équilibriste. Le ministre des Finances va devoir faire des propositions budgétaires au Parlement pour que la France tienne bien ses objectifs de baisse de son déficit, malgré les nouvelles dépenses sécuritaires engagées après les attentats de Paris. "Avec les amendements et après les amendements qui ont été déposés, je ferai des propositions devant votre assemblée (...) pour faire en sorte que nos objectifs de baisse de déficit, nos objectifs de maîtrise de la dette soient bien entendu respectés", a déclaré Michel Sapin devant le Sénat.

"La responsabilité politique, la lutte contre le terrorisme, n'est pas antinomique de la responsabilité budgétaire dont j'ai aujourd'hui la charge", a ajouté M. Sapin, répondant à une question du sénateur Alain Chatillon (Les Républicains).

"Le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité"

François Hollande a annoncé après les attentats du 13 novembre à Paris de nouvelles dépenses pour lutter contre le terrorisme, estimant que "le pacte de sécurité l'emport[ait] sur le pacte de stabilité" budgétaire. La semaine dernière, Michel Sapin avait dit assumer, "à ce stade", une "dégradation du déficit public" par rapport aux engagements pris auprès de Bruxelles, pour faire passer le déficit de 3,8% en 2015 à 3,3% du PIB en 2016, puis sous la barre des 3% en 2017.

Le gouvernement a évalué à 600 millions d'euros le coût pour 2016 des mesures annoncées pour renforcer la sécurité après les attentats. "Je vous rappelle qu'au début de cette année, après les attentats dits de Charlie, nous avons mis en place pour près d'un milliard de dépenses supplémentaires qui ont été entièrement compensées par un certain nombre d'économies", a rappelé ce jeudi le ministre des Finances. "Il est donc possible, nécessaire, de mobiliser les moyens pour plus de policiers, plus de gendarmes, une justice plus efficace et plus protégée, et aussi des douaniers, et aussi des moyens dans le renseignement, sans pour autant mettre en cause la responsabilité budgétaire qui est évidemment celle que nous devons assumer", a-t-il poursuivi.

"Le sérieux budgétaire continuera à s'appliquer et les objectifs de réduction des déficits que nous avons fixés pour l'année prochaine restent les mêmes", avait déjà déclaré dans la matinée Michel Sapin sur BFMTV et RMC.

D. L. avec AFP