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La Grèce et ses créanciers trouvent (enfin) un accord

La Grèce et ses créanciers ont trouvé un accord sur un troisième plan d'aide à Athènes.

La Grèce et ses créanciers ont trouvé un accord sur un troisième plan d'aide à Athènes. - John Kolesidis - Reuters

Athènes et ses créanciers internationaux ont conclu mardi un accord sur un nouveau plan d'aide de 85 milliards d'euros, ce qui permettra au pays de rester dans la zone euro et d'éviter une situation de défaut.

"Un accord a été trouvé. Quelques détails secondaires sont encore actuellement en discussions". Hourra! Après des mois et des mois de négociations, à l'issue d'une énième nuit de tractations, la Grèce et ses créanciers internationaux –BCE, Union européenne et FMI- ont finalement trouvé un accord qui ouvre la voie à l'octroi d'un troisième plan d'aide au pays en difficulté. Ce nouveau plan évacue tout risque de Grexit et de défaut de paiement pour la Grèce, a indiqué un responsable du ministère des Finances. Plus tard dans la journée, le gouvernement grec a indiqué que cet accord de principe - un accord politique n'a pas encore été trouvé - assurait "un financement d'environ 85 milliards" sur trois ans.

Les créanciers tiennent compte du ralentissement économique

Dans la nuit déjà, les partenaires avaient annoncé être parvenus à définir le cadre budgétaire de la Grèce jusqu'en 2018. Une base importante de l'accord final qui laissait présager que l'accord serait désormais vite conclu. Athènes d'un côté, et de l'autre les quatre institutions créancières du pays, Union européenne (UE), Banque centrale européenne (BCE), Fonds monétaire international (FMI) et Mécanisme européen de stabilité (MES), enfermés dans un hôtel du centre de la capitale grecque, étaient engagées dans un marathon depuis plus de deux semaines pour essayer de conclure au plus vite un plan d'aide au pays d'au moins 82 milliards d'euros, le troisième depuis 2010.

La conclusion de cet accord permet à la Grèce de recevoir à temps de quoi payer une échéance de 3,4 milliards d'euros due à la BCE, le 20 août. En effet, le texte d'accord pourra être voté par les députés grecs jeudi, puis être présenté vendredi aux ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) à temps pour le versement à la BCE, la semaine prochaine.

Les négociateurs ont convenu qu'en 2015, la Grèce connaîtrait un déficit primaire (solde du budget hors remboursement de la dette) de 0,25% du PIB, avant des excédents primaires de 0,5% du PIB en 2016, 1,75% en 2017 et 3,5% en 2018, selon une source gouvernementale interrogée par les médias grecs.

Baisse de salaire pour les ministres grecs

Ces objectifs diffèrent de ceux sur lesquels la Grèce et ses créanciers travaillaient jusqu'en juin. A l'époque, ils n'envisageaient que des excédents primaires, 1% cette année, 2% en 2016, 3% en 2017 et 3,5% en 2018. Mais les négociateurs ont dû tenir compte de l'important ralentissement économique qui pèse sur le pays depuis l'arrivée au pouvoir en janvier du parti Syriza d'Alexis Tsipras, englué depuis lors dans ces négociations interminables. Le pays est en outre un peu plus paralysé encore depuis fin juin par un strict contrôle des capitaux, mis en place pour éviter une panique bancaire. 

Après l'accord sur ce cadre, les négociations continuaient de bloquer sur des points compliqués : le futur fonds de privatisation grec, le sort des prêts non remboursés qui pèsent sur le bilan des banques, ou la dérégulation du marché de l'énergie.

Pour faire digérer par avance à l'opinion publique certaines mesures sociales difficiles, Alexis Tsipras a voulu donner l'exemple, lundi, en annonçant, hors du cadre de l'accord, une plus forte imposition des députés et une baisse du traitement des ministres. "Quand la question de la suppression des avantages fiscaux des agriculteurs est mise sur la table des négociations, nous ne pouvons pas jouer les indifférents concernant nos propres avantages", a-t-il déclaré.

N.G. avec AFP