BFM Business

La Grande-Bretagne se prépare au Grexit

La Grande-Bretagne estime qu'une sortie de la Grèce de la zone euro aurait des conséquences sur sa croissance économique.

La Grande-Bretagne estime qu'une sortie de la Grèce de la zone euro aurait des conséquences sur sa croissance économique. - Europa

Le Premier ministre britannique a rencontré ce lundi des responsables du Trésor et de la Banque d'Angleterre pour évoquer les conséquences économiques d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Si la Grèce sortait de la zone euro, l'onde de choc provoquée resterait-elle circonscrite aux frontières de l'union monétaire? Le Premier ministre britannique n'y croit pas. Et la probabilité d'un Grexit (néologisme issu de la contraction de Greece et Exit) lui semble tellement réelle qu'il a commencé à consulter les experts économique du pays pour en anticiper les effets.

Comme le raconte The Telegraph, le chef du gouvernement britannique a "discuté de plans pour préparer le Royaume-Uni" à une telle éventualité avec les principaux responsables du Trésors et de la Banque d'Angleterre. 

Des "interdépendances économiques"

Des représentants du ministère des Affaires étrangères et de l'économie ont également assisté à cette réunion. Ils y ont abordé les risques financiers pour les entreprises britanniques en cas d'éclatement de la zone euro.

"Nous devons être préparés à faire avec des incertitudes sur les marchés financiers", a déclaré le porte-parole du Premier ministre à l'issue de cette réunion. "Il reste des risques de contagion et d'incertitudes, et il est important de les regarder", a-t-il poursuivi. "Il y a clairement des interdépendances économiques mondiales et Londres est un centre financier majeur. La situation en Grèce ppose un risque sérieus pour la croissance au Royaume-Uni", a-t-il encore ajouté.

En Grèce, Syriza, un parti d'extrême gauche qui s'insurge contre la rigueur, est arrivé au pouvoir en début d'année. Le nouveau Premier ministre, Alexis Tsipras, et son ministre des Finances Yannis Varoufakis, ont fait la semaine dernière une tournée européenne pour réclamer des concessions aux créanciers d'Athènes. Mais la Banque centrale européenne et l'Allemagne se sont montrées peu enclines à la négociation. Si bien que Londres voit les risques d'une sortie de la Grèce de la zone euro augmenter. 

La Bourse d'Athènes déjà plombée

Encore ce lundi, la chancelière allemande Angela Merkel a exhorté la Grèce à soumettre aux Européens des "propositions viables" sur sa dette publique et le sort des programmes d'aide internationaux accordés à Athènes. "Ces programmes sont la base de toute discussion", a-t-elle martelé.

Le doute qui pèse sur la possibilité d'un accord entre la Grèce et ceux qui lui ont prêté de l'argent plombe déjà le marché grec. La Bourse d'Athènes a plongé de 6% lundi, et ses coûts de financement à dix ans ont crû de plus de 10%. Les investisseurs craignent en outre l'effet domino que pourrait provoquer un Grexit.

Ce rendez-vous entre le Premier ministre britannique et ces institutions économiques intervenait juste avant que David Cameron rencontre pour la première fois le nouvel homme fort de la Grèce, Alexis Tsipras, à l'occasion d'un conseil européen prévu pour jeudi. 

N.G.