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La France part en vacances après avoir retrouvé 92% de ses capacités de production

La France se rapproche doucement de sa pleine activité mais les derniers mètres restent les plus durs à combler...

Mais comment et à quel rythme l’économie française redémarre-t-elle après deux mois de mise à l’arrêt forcés pour endiguer l’épidémie de Covid-19? C’est ce que nous mesurons chaque semaine ce tableau de bord du déconfinement.

Un tableau de bord composé d’une trentaine d’indicateurs existant sur une base hebdomadaire voire quotidienne, qui concernent tous les secteurs de l’industrie, des services, du commerce, qui concernent aussi l’emploi, la confiance des ménages et des entreprises, qui sont publics ou qui nous sont fournis en exclusivité.

D’abord le point de départ : si l’on en croit l’Insee le creux de l’activité a été atteint dans la deuxième quinzaine de mars, avec un rythme d’activité correspondant à 63% seulement du rythme normal.

Reprise en V

Il y a bien eu un effet accélérateur consécutif à chaque étape du déconfinement le 11 mai, le 2 juin et le 15 juin. Sur les 37% de capacités perdues, la France en a récupéré 27 (les trois quarts) après une reprise en V de 5 semaines. A partir de la mi-juin, la reprise s’est poursuivie, mais à un rythme plus modéré.

On est encore aujourd’hui sur cette pente plus douce, qui amène l’économie française à environ 92% de ses capacités de production habituelles. Pente qui devient plus difficile à interpréter au moment où le pays entre dans la trêve estivale.

Le meilleur exemple, encore une fois est le marché publicitaire. Le nombre de spots diffusés à la télé est tombé à 36% de son niveau normal au cœur du confinement fin avril, puis on a regagné 5 à 10 points par semaine jusqu’au 15 juin. On a regagné 1 à 3 points par semaine, nous dit Admo TV, pour culminer à 90% du niveau d’avant crise, avant de retomber à 81% aujourd’hui.

Concernant la consommation, ça se calme aussi dans les concessions automobiles : 6000 à 7000 ventes par jour mi-juillet, deux fois moins que fin juin, nous dit AAA data.

Vert du côté des entreprises

Dans les autres types de commerces, la normalisation se poursuit, avec pour la plupart des écarts de plus ou ou 5% par rapport à un début juillet normal. Sauf pour les services à la personne (30% au-dessous), ou les cafés restaurants (30% au-dessus) nous dit la Fintech Sum’up.

Ensuite, concernant les entreprises, les nouvelles sont systématiquement meilleures que ce qui est anticipé. En témoigne la réduction des délais de paiements mesurée par le tracker Sidetrade BFM Business : 22,8% de factures impayées au-delà de 10 jours, après un pic à 38% mi-mai, et une moyenne avant Covid 19 un peu inférieure à 20%.

Les intentions d’embauche, aussi, sont toujours fortes, nous dit Indeed, même si elles restent inférieures de 20% environ au niveau de février, contre 35% au cœur du confinement. Si on prend en compte l’intérim, on est même au-dessus du niveau d’avant confinement !