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« La France, 3eme pays le plus riche au monde »

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Et si les Français versaient dans le catastrophisme sans raison ? Leur pouvoir d’achat est-il réellement en baisse ? Un économiste va à l’encontre de toutes les analyses, chiffres à l’appui. Polémique en perspective…

Jacques Marseille, est le directeur de l'Institut d'histoire économique et sociale à la Sorbonne et auteur de « L'argent des Français : les chiffres et les mythes » aux éditions Perrin. Il commente, avec aplomb et arguments, certaines revendications récentes de la société française. Selon lui, la majorité des Français vit bien matériellement, mais développe une vieille hantise : un jour, on manquera d'argent pour se nourrir et se loger : « La crise financière a agi comme une piqûre de rappel sur une hantise séculaire des Français : leur pouvoir d'achat baisserait, la pauvreté exploserait et les inégalités s'accroîtraient de manière telle qu'elles annuleraient un demi-siècle de croissance... »

Les Français sont riches... pas l'Etat

Et Jacques Marseille de distinguer les finances d'une population raisonnable et majoritairement économe, de celles de l'Etat français, surendetté : « La France est aujourd'hui le 3ème pays le plus riche du monde, derrière le Japon et l'Irlande. Avec un patrimoine net moyen (biens immobiliers, assurance-vie, livret d'épargne... net de dettes) par habitant de 147 000 euros, elle devance le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l'Italie et l'Allemagne. Mais l'Etat français est très endetté. Les Français épargnent beaucoup, parce qu'ils se disent qu'un jour l'Etat ne pourra plus rembourser, devra augmenter les impôts, ne pourra plus payer les retraites... »

Smicardisation des Français

Jacques Marseille rappelle qu'en un siècle, le pouvoir d'achat des français a été multiplié par 10 et leur temps de travail divisé par 2 : « Les Français qui "souffrent" le plus sont désormais ceux qui gagnent entre 1400 et 2500 euros net par mois, soit environ 60% des Français. Parce qu'ils ne sont pas assez riches pour bénéficier des avantages, des niches ou des placements que s'offrent les plus riches. Et ils sont trop riches pour avoir les allocations, les diverses aides dont bénéficient les pauvres. On a donc assisté à une smicardisation de ces Français. »

Consommation, le poids des contraintes

Mais dans la société moderne de consommation, il reconnait volontiers que la part des contraintes est de plus en plus importante : « Je pense que la crise va peut-être finalement avoir des effets bénéfiques. Elle mettra peut-être un peu de bon sens dans les têtes. On pourrait se poser la question d'une consommation plus sage. C'est peut-être ça la crise de l'automobile : les gens se demandent si l'automobile, qui a longtemps été un symbole de liberté, n'est pas devenue un symbole de contrainte. »

La rédaction-Bourdin & Co