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La croissance se maintient à un bon niveau dans la zone euro

La croissance de la zone euro a continué sur sa lancée de fin 2016 au début 2017.

La croissance de la zone euro a continué sur sa lancée de fin 2016 au début 2017. - Chris Goldberg - Flickr - CC

Malgré les incertitudes qui pèsent sur son économie, la zone euro a entamé 2017 sur une croissance solide (+0,5% au premier trimestre) selon Eurostat. Mais tous les États membres ne sont pas logés à la même enseigne.

La zone euro a bien commencé l'année sur le plan économique, malgré toutes les incertitudes, comme les élections en France et le Brexit. Selon une première estimation de l'Office européen des statistiques, Eurostat, au premier trimestre, les 19 pays ayant adopté la monnaie unique ont profité d'une croissance de 0,5%, niveau déjà atteint au dernier trimestre de 2016.

Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques s'est félicité de ce chiffre encourageant: "La croissance est là et elle a continué à un rythme stable au début 2017". Elle a été soutenue, selon lui, par la politique monétaire de la BCE, "la confiance élevée des consommateurs et des entreprises et une amélioration du commerce mondial depuis l'été dernier".

L'ancien ministre français déplore néanmoins les disparités persistantes au sein de la zone euro, le taux de chômage se limitant à 3,9% en Allemagne, mais atteignant 10,1% en France et 18,2% en Espagne. "Ce sont à ces divergences économiques qu'il faut nous attaquer si nous voulons faire reculer le populisme en Europe", insiste Pierre Moscovici.

Une croissance qui profite inéquitablement

"L'économie de la zone euro montre sa résistance face aux incertitudes qui règnent à l'intérieur comme à l'étranger", a de son côté estimé Bert Colijn, économiste de la banque néerlandaise ING. Toute une série de défis se trouvent en effet sur la route des Européens cette année: le début des négociations sur la sortie du Royaume Uni de l'UE, des élections en France au printemps et à l'automne en Allemagne, ainsi que la politique jugée hautement imprévisible des États-Unis depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, aux positions très protectionnistes. Cependant, souligne Bert Colijn, l'économie de la zone euro "est plus robuste que beaucoup ne le pensaient à la fin de l'année".

Le 10 avril dernier, la BCE a estimé que la reprise de la croissance était en bonne voie. Elle avait d'ailleurs très légèrement relevé ses prévisions pour 2017 un mois plus tôt, tablant sur une hausse du PIB de 1,8%, contre 1,7% attendus précédemment. Dans ses prévisions d'hiver, diffusées le 13 février dernier, la Commission européenne tablait quant à elle sur une croissance de la zone euro de 1,6% en 2017 et 1,8% en 2018, après 1,7% en 2016. Elle doit publier ses prévisions de printemps le 11 mai prochain.

La France affectée par des facteurs temporaires

Eurostat n'a pas donné de détails sur la croissance pays par pays au premier trimestre. Cependant, "des données nationales publiées précédemment suggèrent une croissance saine en Espagne, Belgique et Autriche, tandis qu'elle a légèrement ralenti en France en raison de facteurs temporaires", estime Jack Allen, analyste de Capital Economics. La croissance au premier trimestre s'est ainsi légèrement accélérée en Espagne (+0,8%, contre +0,7% au trimestre précédent), comme en Belgique (+0,5%, contre +0,4% au quatrième) et en Autriche (+0,6%, contre +0,5% en octobre-décembre 2016).

En France, en revanche, la hausse du Produit intérieur brut (PIB) s'est établie à 0,3% sur les trois premiers mois de l'année, soit moins que les 0,5% atteints au dernier trimestre 2016, en raison notamment de mauvais résultats sur le front du commerce extérieur. Quant à l'Allemagne, dont le chiffre n'a pas encore été publié, elle devrait voir son PIB croître entre 0,7 et 0,8% sur les trois premiers mois de l'année, selon Capital Economics. Dans les 28 pays de l'UE, la croissance économique a quelque peu ralenti au premier trimestre, s'établissant à 0,4% contre 0,6% au dernier trimestre 2016.

N.G. avec AFP