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La croissance française révisée à la hausse au 2e trimestre

LA CROISSANCE FRANÇAISE

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PARIS (Reuters) - La croissance de l'économie française devrait dépasser 1,5% et atteindre 2% en 2011 a estimé vendredi le Premier ministre François...

PARIS (Reuters) - La croissance de l'économie française devrait dépasser 1,5% et atteindre 2% en 2011 a estimé vendredi le Premier ministre François Fillon après l'annonce par l'Insee d'une révision à la hausse de la progression du produit intérieur brut au deuxième trimestre.

L'institut national de la statistique a fait état vendredi d'une hausse de 0,7% du PIB au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent contre +0,6% précédemment.

L'Insee a mis en avant une moindre contribution négative du commerce extérieur à la croissance qu'initialement annoncé pour expliquer cette révision.

La consommation des ménages, qui représente 60% du PIB, a progressé de 0,3% contre 0,4% précédemment annoncé tandis que celle des administrations publiques a augmenté de 0,4% (+0,3%).

"Notre croissance devrait dépasser, je dis aujourd'hui dépasser, 1,5% en 2010 et atteindre 2% en 2011, a déclaré François Fillon en conclusion des journées parlementaires de l'UMP à Biarritz, estimant que "le choc de la crise" était "surmonté".

La ministre de l'Economie a prévenu que la croissance ralentirait quelque peu au troisième trimestre tout en restant solide.

"On ne sera pas à 0,7%. Je pense qu'on sera au-dessus de 0,3%", a déclaré Christine Lagarde dans un entretien à Reuters.

LA DETTE PUBLIQUE STABILISÉE DES 2012

Sur la base de sa dernière enquête mensuelle de conjoncture, la Banque de France a fait état d'une prévision de croissance du PIB de 0,3% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent.

Dans sa note de conjoncture de juin, l'Insee anticipait une croissance de 0,4% au troisième comme au quatrième trimestres. L'institut dévoilera le 30 septembre ses prévisions actualisées.

Les derniers indicateurs de conjoncture publiés laissent augurer d'une activité encore soutenue au troisième trimestre.

Le moral des industriels a retrouvé son plus haut niveau en deux ans au mois de septembre et l'indice des directeurs d'achat du secteur manufacturier a atteint un plus de quatre mois sur la même période.

Les économistes s'attendent toutefois à un ralentissement de la croissance en France comme au sein de la zone euro en raison d'une moindre contribution du cycle des stocks et du mouvement de consolidation budgétaire en cours.

Les variations de stocks ont apporté une contribution positive de 0,6 point à la croissance française au deuxième trimestre.

"La première phase de la crise est désormais passée, mais nous entrons dans une ère marquée par une forte incertitude et des risques de volatilité accrus", prévient Alexander Law, économiste à l'institut Xerfi.

Il note qu'en dépit rebond de 0,6% du pouvoir d'achat des ménages au deuxième trimestre après une hausse de 0,1% seulement au trimestre précédent, leur consommation n'a que faiblement progressé et que le taux d'épargne est passé en trois mois de 15,8% à 16,1% du revenu disponible brut.

"Tant que la situation ne sera pas franchement améliorée sur le front de l'emploi, les Français resteront tentés d'alimenter leur importante épargne de précaution quitte à réprimer leurs envies de consommation", estime Alexander Law.

L'assainissement des finances publiques est aussi susceptible de freiner la croissance en bridant la demande des administrations publiques.

Le projet de loi de programmation des finances publiques présenté mercredi prochain visera à stopper l'augmentation de la dette publique de la France dès 2012, a déclaré François Fillon aux parlementaires UMP.

Ce texte visera à réduire le déficit public à 2% du PIB fin 2014 après 3% fin 2013, avait annoncé mercredi le ministre du Budget François Baroin. Le gouvernement attend un déficit public proche de 7,8% du PIB à la fin de cette année.

Marc Joanny, édité par Yves Clarisse