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La croissance française décélère au 1er trimestre, à +0,1%

Le produit intérieur brut de la France a augmenté de 0,1% au premier trimestre par rapport aux trois mois précédents, un chiffre inférieur aux attentes, selon les résultats préliminaires des comptes nationaux publiés mercredi par l'Insee. /Photo d'archive

Le produit intérieur brut de la France a augmenté de 0,1% au premier trimestre par rapport aux trois mois précédents, un chiffre inférieur aux attentes, selon les résultats préliminaires des comptes nationaux publiés mercredi par l'Insee. /Photo d'archive - -

PARIS - Le produit intérieur brut de la France a augmenté de 0,1% au premier trimestre par rapport aux trois mois précédents, un chiffre inférieur...

PARIS (Reuters) - L'économie française a enregistré une croissance modeste de 0,1% au premier trimestre, moins qu'attendu, sous le coup d'une stagnation de la consommation des ménages et d'une poursuite de la baisse de l'investissement.

L'estimation préliminaire de l'Insee est inférieure aux attentes puisque l'institut national de la statistique avait une prévision de 0,2% et la Banque de France anticipait +0,4%. Les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un chiffre entre les deux, à +0,3%.

L'Insee a en outre révisé à la baisse la croissance du quatrième trimestre, à +0,5% au lieu de +0,6%.

Sur l'ensemble de 2009, le PIB s'est donc contracté de 2,5% (au lieu de -2,2%), témoignant de la plus forte récession de l'après-guerre. Le chiffre de 2008 a aussi été revu en baisse à +0,1% au lieu de +0,3%.

Dans les seize pays de la zone euro, la croissance a été de 0,2% au premier trimestre, comme attendu par les économistes. La France, qui était en pointe au quatrième trimestre avec sa croissance de 0,6% quand le PIB de la zone euro stagnait, est maintenant dans la moyenne, voire à la traîne.

Les résultats préliminaires des comptes nationaux contrastent surtout avec la croissance de 0,2% annoncée en Allemagne où une stagnation était prévue.

"En Allemagne il y a surprise à la hausse, en France c'est le contraire: le chiffre est moins bon que prévu et il y a de nettes révisions à la baisse", relève Olivier Gasnier, économiste à la Société générale.

Pour Nicolas Bouzou, du cabinet d'analyse Asterès, "c'est une douche froide".

"Il a suffi que le soutien public s'affaiblisse pour que la croissance s'effondre", estime-t-il.

L'INVESTISSEMENT POURSUIT SON RECUL

Sans surprise, la quasi-totalité du ralentissement provient de l'atterrissage des dépenses des ménages tandis que l'investissement a reculé pour le huitième trimestre d'affilée. Avec une hausse de 3,9% des exportations, le commerce extérieur a en revanche apporté un soutien bienvenu.

La consommation des ménages a stagné alors qu'elle avait augmenté de 0,9% au quatrième trimestre 2009 avant la réduction de la prime à la casse automobile. "Il y a probablement eu une forte contribution de l'énergie qui l'a sauvée d'une contraction", observe Olivier Gasnier.

Outre l'effet ponctuel de l'extinction progressive de la prime à la casse, le retour de l'inflation, le niveau élevé du chômage et le moindre soutien public à la consommation ont pesé sur le pouvoir d'achat des ménages.

Les dépenses de consommation des administrations publiques n'ont quant à elles progressé que de 0,1% après une hausse de 0,7% le trimestre précédent, tandis que l'investissement a poursuivi son recul entamé en 2008 (-0,8% au premier trimestre, dont -0,9% pour les entreprises et -0,7% pour les ménages).

L'Insee a toutefois publié au même moment son enquête trimestrielle sur l'investissement qui fait état d'une progression attendue de 6% dans l'industrie manufacturière cette année, un chiffre en progression d'un point par rapport à janvier.

DYNAMISME DES EXPORTATIONS

L'autre élément d'espoir vient du commerce extérieur, qui a apporté une contribution positive de 0,4 point à la croissance du premier trimestre alors que les variations de stocks ont eu un impact négatif de 0,1 point.

Favorisées par la reprise des échanges et la baisse de l'euro, les exportations ont augmenté de 3,9%, près de deux fois plus que les importations (+2,0%).

"La baisse de l'euro/dollar, qui va continuer, donnera un coup de fouet à notre croissance", souligne Nicolas Bouzou.

"A chaque fois que l'euro perd 10%, nous gagnons un peu plus de 0,2 point de croissance", ajoute-t-il en estimant que la France "devrait pouvoir accrocher la barre des 1,5% de croissance cette année".

Olivier Gasnier est plus prudent.

"Les prévisions sont actuellement autour de 1,5% mais on peut craindre un glissement vers 1,0%", dit-il.

"La croissance reste fragile, les seules bonnes nouvelles viennent de l'extérieur: Allemagne et baisse de l'euro. L'économie n'est pas très robuste pour supporter un traitement de choc de la politique budgétaire".

Véronique Tison, édité par Gilles Trequesser