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La consommation accélère enfin mais la dette bondit

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Moins attentistes, les ménages français ont privilégié en mai la consommation à l’épargne. Leurs dépenses progressent sensiblement dans tous les secteurs sauf l’alimentaire.

C’est une bonne nouvelle pour le gouvernement. Les mesures à 17 milliards d’euros suite à la crise des Gilets jaunes, permettant de générer des gains de pouvoir d’achat de 2,3%, semblent avoir enfin des effets sur la consommation.

Au premier trimestre, les ménages, attentistes, avaient nettement préféré épargner (+15% du taux d’épargne) plutôt que consommer. Les gains de pouvoir d'achat « ont tardé à se transmettre à la consommation, l'effet devant s'étaler sur plusieurs trimestres », ajoutait alors l’Insee.

En mai, cet effet se confirme avec une hausse de 0,4% des dépenses, soit une hausse supérieure aux attentes (0,2%), après 0,3% en mai, un taux revu à la baisse.

A l'exception d'une stabilité dans l'alimentaire, les dépenses de consommation ont progressé dans l'ensemble des secteurs le mois dernier, avec notamment une légère progression des dépenses d'énergie (+0,6%) et un rebond des achats de biens fabriqués (+0,6% après –1,5%).

« Cette hausse est portée tant par les achats de biens durables que par la consommation en habillement-textile et en autres biens fabriqués », note l’Insee.

Mais comme l’avait prévu la Cour des comptes, ces mesures de relance du pouvoir d’achat ont mécaniquement un effet négatif sur le déficit public et la dette.

Bond de la dette de l’Etat

Cette dernière a augmenté de 43,6 milliards d'euros au premier trimestre pour s'inscrire à 2.358,9 milliards fin mars, soit l'équivalent de 99,6% du Produit intérieur brut (PIB), selon les statistiques publiées vendredi par l'Insee.

Elle affiche ainsi une progression de 1,2 point de pourcentage du PIB par rapport à fin décembre. Elle avait atteint 98,4% du PIB au dernier trimestre 2018.

La dette de l'Etat a, à elle seule, progressé de 42,0 milliards d'euros sur le premier trimestre pour s'élever à 1.884,4 milliards.

La publication de ces chiffres intervient trois jours après la sévère mise en garde de la Cour des comptes, qui s'est inquiétée d'une possible dérive des finances publiques, fragilisées par les dépenses et baisses d'impôts annoncées depuis la crise des "gilets jaunes".

« La France est loin d'avoir résorbé ses déficits structurels alors que de nombreux voisins européens ont pratiquement atteint l'équilibre », a prévenu l'institution financière, jugeant « préoccupante » la « divergence accrue » entre la France et ses partenaires.

Le gouvernement, qui a promis que la dette ne dépasserait pas les 100% du PIB, a prévu de ramener ce ratio à 96,8% d'ici 2022, soit une baisse de 1,6 point de PIB sur l'ensemble du quinquennat, au lieu des cinq points de PIB initialement annoncés.

Inflation encore faible

Dans le même temps, l’Insee indique que le rythme de l'inflation sur un an a accéléré en juin en France, après avoir marqué le pas en mai, notamment sous l'effet d'une croissance plus vive des prix des services et de l'alimentation, selon une première estimation.

L'indice des prix à la consommation (IPC) s'inscrit en hausse de 1,2% sur les douze mois à fin juin, après +0,9% à fin mai et +1,3% en avril.

Cette évolution a cependant été légèrement atténuée par un moindre dynamisme des prix de l'énergie.

L'indice des prix harmonisés selon les normes européennes IPCH, qui permet les comparaisons avec les autres pays de la zone euro, affiche quant à lui une hausse de 1,4% sur un an à fin juin, contre +1,1% à fin mai.

Son évolution s'avère légèrement supérieure aux attentes des économistes mais reste toutefois bien en deçà de l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE) d'une hausse des prix légèrement inférieure à 2% pour la zone euro dans son ensemble.

Olivier CHICHEPORTICHE