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La BCE prévient que la perte du triple A "est un signal à prendre au sérieux"

Mario Draghi ne voit pas de reprise pour la zone euro avant le second semestre

Mario Draghi ne voit pas de reprise pour la zone euro avant le second semestre - -

Mario Draghi a été reçu à l’Elysée, ce vendredi 30 novembre, sans dire mot à la presse à l'issue de son entretien. Le président de la banque centrale européenne, avait auparavant fait quelques déclarations assez peu optimistes.

Peu avant sa rencontre avec François Hollande, au matin de ce vendredi 30 novembre, Mario Draghi avait affirmé sur la radio Europe 1 que la perte du Triple A est "un signal à prendre au sérieux", même s'il notait que, pour le moment, "peu d'effets" ont été perçus. Finalement, les deux hommes n'ont pas fait de déclaration à la presse, a l'issue de leur entretien.

Difficile donc de savoir sur quoi ont porté les discussions entre les deux hommes. Concernant le Triple A, les mots du président de la Banque centrale sur Europe 1 survenaient après que Moody’s a dégradé la semaine dernière la France. Standard and Poor’s l’avait déjà fait en janvier dernier. Fitch, la troisième agence, menace désormais de suivre le même chemin en 2013, car elle doute des engagements de Paris sur sa croissance et son déficit.

Parallèlement à ce léger avertissement, Mario Draghi avait rappelé son manque d’optimisme concernant l’évolution de l’économie de la zone euro, dans sa globalité. "Nous ne sommes pas sortis de la crise", a ainsi lancé le chef de l’institution européenne, ajoutant toutefois que "la reprise pour l’ensemble de la zone euro démarrera sans doute au second semestre 2013".

Mari Draghi salue le pacte de compétitivité

En conséquence, le président de la BCE estimait que la consolidation budgétaire est inévitable pour les pays européens, même si elle doit entraîner une contraction de l’économie à court terme. Mais la BCE ne laissera évidemment pas tomber les Etats. "Nous ferons tout ce qui est nécessaire, et nous sommes prêts à intervenir à nouveau si cela est nécessaire", a assuré, une nouvelle fois, Mario Draghi.

Seulement les pays doivent prendre leur responsabilités, ce que Mario Draghi répète depuis de nombreux mois. Le président de la BCE avait ainsi appelé à des réforme structurelles : "Le mot clé c'est la compétitivité, il faut éliminer les rigidités", notamment sur le marché de l'emploi, a-t-il expliqué. En résumé la BCE peut agir, mais la BCE ne peut pas tout.

Quelques minutes, plus tard, lors d'un colloque à Paris, Mario Draghi avait en ce sens adressé un satisfecit au gouvernement de François Hollande, en affirmant que le pacte de compétitivité de la France est "un pas vers la bonne direction".

Par ailleurs, Mario Draghi avait aussi évoqué le lourd dossier de la supervision bancaire. Balayant d’un revers de la main les réticences, notamment allemandes, il a bien souligné que cette supervision devrait s’appliquer à toutes les banques de la zone euro, ce qui représente environ 6 000 établissements.

L’Allemagne souhaiterait que les petites banques régionales, les Landesbanken, échappent à ce contrôle unique des banques par les BCE et reste sous la coupe du superviseur national.

Julien Marion et agences