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La BCE annonce de nouvelles mesures pour redynamiser l'inflation

Mario Draghi a encore quelques atouts dans sa manche.

Mario Draghi a encore quelques atouts dans sa manche. - Daniel Roland - AFP

La Banque centrale européenne a décidé de baisser une nouvelle fois ses taux directeurs, ce jeudi 4 septembre. Son président Mario Draghi a également annoncé des programmes de rachats de titres.

Une fois de plus, la BCE va plus loin.Très attendu au tournant, son président Mario Draghi a livré, ce jeudi 4 septembre, un nouveau train de mesures destiné à revigorer l'inflation.

Outre la baisse des taux directeurs, annoncée quelques minutes auparavant, la BCE va ainsi "acheter des titres du secteur privé non financier" via un programme de rachat d'ABS (Asset backed securities), des titres financiers adossés à des crédits aux entreprises et aux particuliers, afin de fluidifier le marché du crédit.

"Nous voulons nous assurer que ces ABS vont servir à fournir du crédit à l'économie réelle", a précisé Mario Draghi.

Outre cette annonce, relativement attendue, la BCE va "acheter un large portefeuille d'obligations sécurisées (des obligations gagées sur des crédits, ndlr) de la zone euro". "Ce programme débutera en octobre en 2014", a indiqué le patron de la BCE, et c'est à ce moment là que l'on connaîtra davantage de détails.

Ces deux mesures doivent "participer au retour de l'inflation à un niveau proche de 2% (l'objectif de la BCE, ndlr)", alors que celle-ci n'est actuellement qu'à 0,3%. 

La BCE met tout sur la table 

Et si tel n'était pas le cas "le conseil des gouverneurs de la BCE est unanimement décidé à utiliser des instruments non conventionnels de politique monétaire", a prévenu Mario Draghi.

"On ne pourra pas reprocher à la BCE de ne pas avoir tout essayé dans le cadre de son mandat", a commenté Frederik Ducrozet, économiste zone euro chez Crédit Agricole CIB, sur BFM Business.

Mario Draghi a toutefois prévenu que la seule politique monétaire ne suffirait pas à ramener l'inflation vers les 2%, et que "des réformes structurelles" de la part des Etats seront aussi nécessaires.

La prévision de croissance revue à la baisse

Les décisions annoncées ce jeudi par Mario Draghi n'ont par ailleurs pas été unanimes. "Certains membres voulaient aller plus loin que la position que nous avons prise, d'autres moins loin. C'est donc une position médiane", a expliqué le patron de la BCE qui a toutefois indiqué "qu'il y avait eu une majorité confortable pour cette décision". 

Les marchés ont apprécié les annonces du président de la BCE. Le CAC40 a accéléré ses gains, dépassant les +1%, et l'euro est passé sous les 1,30 dollar, un niveau qu'il n'avait plus franchi depuis 2013. Pour le plus grand bonheur de Manuel Valls, qui réclamait de nouvelles mesure de la banque centrale pour faire baisser le niveau de la monnaie unique.

Concernant son discours à Jackson Hole, que certains observateurs ont vu comme un appel à la relance budgétaire, Mario Draghi s'est estimé "surinterprété" et a réaffirmé son attachement aux règles budgétaires européennes.

La Banque centrale a, par ailleurs, publié de nouvelles prévisions d'inflation et de croissance pour la zone euro. Elle a ainsi révisé à la baisse ses projections de croissance pour 2014 et 2015, avec des chiffres respectifs de 0,9% et 1,6%. La prévision pour 2016 a en revanche été révisée à la hausse à 1,9% . Concernant l'inflation, la BCE table désormais sur 0,6% en 2014, 1,1% en 2015 et 1,4% en 2016.

Julien Marion