BFM Business

L'Union européenne s'attend désormais à une récession d'au moins 1% en 2020

Sur BFM Business, le commissaire européen au Marché intérieur souligne qu'il n'y aura pas de solutions à cette crise sanitaire sans concertation mondiale.

"On est en guerre contre le virus", insiste Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur. Il faut dire que les conséquences économiques de l'épidémie sont déjà dramatiques. L'impact sur la croissance de la zone euro sera très lourd.

"Je peux vous dire que nous anticipons une récession sur l'année 2020. Avant la crise, on était aux autours de 1,4% sur l'ensemble du continent. Et là, on pense qu'on va avoir un impact entre 2 et 2,5%", soit une récession de l'ordre de 1%. "On s'attend évidemment à ce que l'année 2020 soit en récession", indique-t-il sur BFM Business ce lundi.

Evidemment, les plans de soutien aux entreprises se multiplient en Europe mais sans actions véritablement concertées. "La priorité c'est d'accompagner les entreprises et leur permettre de faire face à leurs échéances de liquidités. Donc les plans qui sont mis en oeuvre aujourd'hui, que ce soit en France ou en Allemagne, sont des montants considérables pour accompagner précisément cette période. Quels que soient les problèmes de trésorerie que les entreprises rencontrent de façon passagère, il faut que les banques jouent leur rôle", détaille Thierry Breton.

Un problème à gérer à l'échelle mondiale

Mais quid d'une action commune en Europe, alors que le président Emmanuel Macron doit s'entretenir ce lundi matin avec la chancelière allemande Angela Merkel et la présidente de la Commission européenne Ursula van der Leyen? "Ce qui est une très bonne chose, c'est qu'il y ait cette coordination. Vous avez vu que la première décision qui a été prise par la banque centrale américaine sans concertation n'a eu que peu d'effets. Il y en a une nouvelle qui a été prise mais cette fois-ci en concertation".

Et d'asséner: "il n'y aura pas de solution sans concertation mondiale et sans solidarité mondiale. Tout ceux qui ont cru que cette crise pouvait être gérée de façon isolée se trompent lourdement et aujourd'hui, ils reconnaissent enfin que dans une situation telle que celle que nous traversons, on ne pourra le faire que de façon coordonnée et je le redis solidaire. Regardez ce qui ce qui a été fait en Chine. (...) L'Europe a immédiatement répondu présent en envoyant dès le mois de février pour 250 millions d'euros de matériel pour aider les chinois, aujourd'hui, ils nous renvoient cette aide. La solidarité est nécessaire et on le fera aussi avec nos amis américains parce que c'est l'avenir du monde".

Olivier Chicheportiche