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L'UE pense sécurité, mais n'oublie pas l'économie

L'Union européenne va mettre la coopération sécuritaire au coeur de sa "politique de voisinage".

L'Union européenne va mettre la coopération sécuritaire au coeur de sa "politique de voisinage". - Olivier Morin - AFP

La chef de la diplomatie européenne a annoncé ce mercredi que la coopération allait être renforcée sur la sécurité, mais a insisté sur l'importance du développement économique.

L'UE va désormais mettre la coopération sécuritaire au coeur de sa "politique de voisinage" envers 16 pays qui la bordent, mais sans oublier le développement économique et l'emploi des jeunes, a annoncé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini mercredi.

Federica Mogherini et le commissaire européen chargé du voisinage, Johannes Hahn, ont présenté mercredi à Bruxelles les résultats d'un "réexamen approfondi" des partenariats conclus depuis 2004 entre l'Union européenne et ses voisins, dotés d'importants budgets pour des projets dans les pays du pourtour méditerranéen et de l'est de l'Europe. "Notre défi le plus urgent est la stabilisation de notre voisinage", a estimé Johannes Hahn.

"La pauvreté et la corruption" nous menacent aussi

Federica Mogherini a cité non seulement les attaques de Paris, mais aussi l'attentat dans un fief du Hezbollah à Beyrouth (44 morts) la semaine dernière, la destruction d'un avion russe au-dessus du Sinaï égyptien (224 morts), le double attentat d'Ankara en octobre (102 morts) et les attaques terroristes en Tunisie depuis le début de l'année (60 morts). "Nos voisins partagent avec nous la même menace sécuritaire. J'ai dit qu'avec les attentats de Paris, c'était toute l'Europe qui avait été visée. Mais ce n'est pas juste l'Europe, c'est en quelque sorte nos racines et nos valeurs communes", a-t-elle observé.

Federica Mogherini a plaidé pour qu'à l'avenir, l'UE coopère non seulement dans les secteurs du commerce, de l'économie ou des visas, mais aussi de l'énergie - dossier sensible en Europe de l'Est en raison de la forte dépendance vis-à-vis de la Russie -, de "la lutte contre le terrorisme et le crime organisé", "la prévention des conflits et la réforme dans le secteur de la sécurité" et "l'immigration régulière et irrégulière". "Les conflits, le terrorisme et la radicalisation nous menacent tous, mais la pauvreté, la corruption et la mauvaise gouvernance sont aussi des sources d'insécurité", a argué Johannes Hahn.

Créer des emplois pour les jeunes

La chef de la diplomatie européenne a par ailleurs insisté sur la nécessité de "se concentrer sur le développement économique et la création d'emplois en particulier pour les jeunes générations". Cette "révision" avait été annoncée en mars alors que l'UE avait été montrée du doigt pour la façon dont elle avait géré son rapprochement avec son voisin ukrainien, par le biais d'un accord d'association et son volet commercial, dénoncés par Moscou.

La politique de voisinage -dotée de 15,4 milliards d'euros entre 2014 et 2020- concerne au sud l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, les territoires palestiniens, la Syrie et la Tunisie et à l'est l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine.

N.G. avec AFP