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L'OCDE adresse un satisfecit et un avertissement à la France

Le Château de la Muette à Paris, siège de l'OCDE

Le Château de la Muette à Paris, siège de l'OCDE - -

Pour l'OCDE, les autorités françaises ont plutôt bien géré les conséquences des crises financières et de l'euro. Mais l'organisation estime que le moment est désormais venu de lancer des réformes de structure pour réduire le coût des politiques publiques.

Voilà un rapport sur la France qui va mettre un peu de baume au coeur de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault en pleine disgrâce dans les sondages.

Dans son édition 2013 présentée ce mardi 19 mars, l'ODCE affirme en effet que "l'économie française a été sévèrement touchée par la récession mondiale et, plus récemment, par les turbulences dans la zone euro (mais que) la crise a été bien gérée même si le chômage augmente". Un satisfecit que l'actuelle majorité devrait cependant partager avec Nicolas Sarkozy, au pouvoir jusqu'en 2012.

L'OCDE abaisse cependant sa prévision de croissance à 0,1% pour 2013 contre 0,3% initialement, le déficit public devant atteindre 3,5% du PIB, soit moins que les 3,7% annoncés par la Commission de Bruxelles et à sa suite François Hollande.

"Avec le retour de la croissance, l'activité devrait se redresser progressivement dans les deux ans à venir et le chômage se stabiliser fin 2013", estime l'OCDE. Il devrait le faire à 11,25% fin 2013 selon elle. Le PIB atteindrait, lui, 1,3% en 2014.

Mais la France est confrontée "à d'importants défis à long terme", ajoute le rapport. "Si les inégalités de revenu ont été contenues, la croissance du PIB par habitant a été l'une des plus faibles de la zone OCDE depuis plus de 20 ans, et le manque de compétitivité des entreprises françaises est devenu une question prioritaire pour les responsables politiques".

Calendrier favorable

Ce satisfecit de l'OCDE se double donc d'un avertissement à l'adresse du pouvoir politique: "le calendrier politique offre une occasion unique de mettre en oeuvre une stratégie ambitieuse de réformes permettant d'accroître l'efficacité et de réduire le coût des politiques publiques, de relever le taux d'emploi des seniors et d'améliorer les perspectives des jeunes, qui ont été frappés de plein fouet par le ralentissement économique", affirme le rapport.

L'assainissement des finances publiques demeure une priorité pour l'OCDE. "Les dépenses publiques sont très élevées en pourcentage du PIB et doivent être progressivement réduites afin d'alléger les prélèvements à moyen terme". Le rapport suggère donc de supprimer les dépenses fiscales (les fameuses niches) inefficaces et augmenter les taxes environnementales, la fiscalité immobilières et les droits de succession afin d'alléger en contrepartie " la fiscalité sur le travail et sur les entreprises".

De même, l'OCDE estime que le coût de la santé en France peut être réduit "sans nuire à la qualité des soins". Des constats faits depuis longtemps par la Cour des comptes.

Concernant la situation des jeunes, l'OCDE estime qu'il faudrait remplacer les programmes de soutien coûteux et pas toujours efficaces par une véritable extension du revenu minimum aux jeunes adultes.

Enfin, parmi ses propositions de simplification, l'OCDE recommande de fusionner les petites communes et de supprimer les départements.

Patrick Coquidé