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Déficits: les bons et les mauvais élèves de Bruxelles

Plusieurs pays peinent à rester dans le cadre budgétaire imposé par Bruxelles

Plusieurs pays peinent à rester dans le cadre budgétaire imposé par Bruxelles - -

Les dirigeants européens se retrouvent, ce jeudi 14 mars, à l'occasion d'un Conseil pour adopter des orientations budgétaires communes. Plusieurs pays, qui ne respectent pas la feuille de route de Bruxelles, devraient demander la clémence de leurs pairs.

L’Europe va une fois de plus se pencher sur la trajectoire budgétaires de ses Etats-membres. A l'occasion du Conseil européen qui débute ce jeudi 14 mars à Bruxelles, les 27 se retrouvent officiellement pour "adopter des orientations communes en matière budgétaire et économique".

Un passage obligé au vu des nouveaux pouvoirs dont Bruxelles va disposer. Mardi 12 mars, le Parlement européen a, en effet, accordé à la Commission de Bruxelles un droit de regard plus contraignant sur les budgets des Etats-membres.

De facto, la souveraineté budgétaire a déjà quelque peu basculé vers la Commission. Pour preuve, les efforts que va devoir faire la France pour obtenir un délai d’un an afin de ramener son déficit public à hauteur de 3% du PIB. Mais l’Hexagone est loin d’être isolé: nombre de pays du Sud s’enfoncent dans la récession et ne sont pas dans les clous pour tenir la trajectoire imposée par Bruxelles.

> La France

François Hollande l’a clairement expliqué, mardi 12 mars : la France vise désormais un déficit aux alentours de 3,7% du PIB pour 2013, soit exactement la prévision de la Commission européenne. L’objectif de 3% sera donc bien reporté à 2014. Bruxelles devrait, sauf grande surprise, accorder un délai à Paris en avril.

> Les Pays-Bas

Amsterdam, comme Paris, a renoncé à l'objectif des 3% pour la fin 2013. Son Premier ministre, Mark Rutte, a annoncé, le 28 février dernier, que le déficit du pays se situera à 3,3% en 2013 et 3,4% en 2014. Et, comme Paris, le gouvernement espère obtenir un délai d'un an de la part de Bruxelles.

> L'Allemagne

Berlin est un peu l’élève modèle. Le gouvernement allemand a ainsi indiqué, mercredi 13 mars, qu’il proposera, pour la première fois depuis 40 ans, un budget 2014 avec un déficit structurel, à l’équilibre. En 2012, le pays a, globalement, présenté un excédent budgétaire de 0,1%. Et pour 2016, le services du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, tablent sur un excédent de 5 milliards d'euros pour les comptes fédéraux du pays.

> L'Italie

En pleine récession, dégradée par Fitch, gagnée par la paralysie politique, l’Italie a néanmoins une vertu : elle a contenu son déficit à 3% du PIB. Mais, pour 2013, un porte-parole de la commission européenne a indiqué, le 1er mars dernier, qu’il était encore trop tôt pour affirmer que le pays transalpin est en mesure de ramener son déficit sous les 3%.

> L'Espagne

Selon les prévisions économiques de Bruxelles, Madrid va largement louper le coche en 2013. Bruxelles table sur un déficit de 6,7% du PIB quand l’Espagne doit s’efforcer de ramener ce chiffre à 4,5% puis à 3% en 2014. Du coup, un nouveau délai pourrait être accordé au pays.

> Le Portugal

Lisbonne va officiellement demander du temps pour tenir ses objectifs budgétaires. José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a ainsi indiqué, le 11 mars dernier, que Bruxelles va proposer au Conseil européen de donner un délai au Portugal pour ramener son déficit sous les 3% en 2015 et non plus en 2014.

> Chypre

Le pays a réduit son déficit à 4,9% en 2012 et doit désormais s'efforcer d'aller jusqu'à 3,3% en 2013. Bruxelles table sur 4,5% pour Nicosie. Le pays doit recevoir cette année un aide internationale. Un Eurogroupe dédié à ce dernier sujet se tiendra à Bruxelles, vendredi 15 mars.

Julien Marion