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L'Italie fait douter la zone euro

Les craintes sur l'italie atteignent par ricochet la Grèce et l'Espagne

Les craintes sur l'italie atteignent par ricochet la Grèce et l'Espagne - -

Les élections italiennes ont ravivé, ce mardi 26 février, les tensions sur la dette des états du sud de la zone euro. Une situation qui renvoie un an en arrière, lorsque le spectre d’une faillite de la Grèce faisait trembler l’euro.

Il flottait comme un parfum de début 2012, ce mardi 26 février. L’impasse politique dans laquelle se trouve l’Italie après les résultats des élections législatives, a plombé la dette transalpine. Les taux des obligations à 10 ans de l’Italie gonflaient de plus de 31 points de base vers 13 heures, à 4,79% en signe des craintes des investisseurs sur l’avenir des finances publiques transalpines.

Mais l'Italie n’est pas la seule : les taux de la dette à 10 ans de l’Espagne et de la Grèce connaissaient également des hausses, de respectivement 7 et 15 points vers 13h. Ce qui démontre que les inquiétudes liées au pays transalpin se propagent aux autres pays fragiles de la zone euro.

Madrid, par la voix de son ministre des finances, Luis de Guindos, l’a d’ailleurs reconnu : le résultat des élections italiennes a un effet de contagion sur les marchés. Luis de Guindos a toutefois espéré que cet effet serait "de courte durée"."Ce qui est bon pour l'Italie est bon pour l'Espagne", a-t-il déclaré, tout en étant "convaincu" que "la volonté politique" de sortir l'Europe de la crise "allait prévaloir".

La BCE en amortisseur

Ces craintes ravivées sur la dette des pays périphériques rappellent les mauvais souvenirs du début de l’année 2012, lorsque le spectre d’une sortie de la Grèce de la zone euro attisait les tensions sur la dette des mêmes pays de l'union monétaire: l'Italie et l'Espagne.

Cédric Thellier, économiste chez Natixis reste toutefois prudent. Il estime ainsi que la hausse des coûts d'emprunt de l'Italie demeure relativement limitée,du même ordre que celle survenue après Mario Monti a annoncé sa démission. De plus, "le risque de contagion est moins fort qu’il y a un an, notamment en raison de l’action de la Banque centrale européenne", commente-t-il à BFM Business.com.

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, avait, l’année dernière, permis de relâcher la pression sur la dette italienne et espagnole en déclarant "que la BCE était prête à tout pour sauver l’euro".

En septembre, il a ensuite dévoilé le plan d’action anti-crise de son institution. Ce plan est prêt à être activé pour aider les pays en difficulté de la zone euro. Ce qui, pour le moment, suffit à contenir une partie des inquiétudes sur le marché de la dette.

Julien Marion