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L'excédent budgétaire à double tranchant de l'Allemagne

François Hollande et Angela Merkel le 9 mai dernier

François Hollande et Angela Merkel le 9 mai dernier - Thomas Peter - AFP

Sur les six premiers mois de l'année, Berlin a accusé un surplus budgétaire de 16,1 milliards d'euros, selon des estimations de Destatis publiées le 1er septembre. Un chiffre qui toutefois donne des arguments aux voisins de l'Allemagne pour lui demander de prendre des mesures de relance.

C'est une habitude: le contraste entre les finances publiques françaises et allemandes est saisissant. Lundi 1er septembre, l'agence allemande des statistiques Destatis a indiqué que, sur les six premiers mois de l'année, l'Allemagne a publié un excédent budgétaire de 16,1 milliards d'euros.

Ce chiffre incorpore à la fois les comptes de l'Etat fédéral, des régions et de la Sécurité sociale, cette dernière jouissant d'une bonne situation de l'emploi qui préserve ses finances.

C'est la première fois que l'Allemagne est dans le vert sur les six premiers mois de l'année depuis la réunification du pays, en 1990. A titre de comparaison, selon les données de Bercy, le déficit du seul Etat français était de 59,4 milliards d'euros à fin juin.

Ce bon chiffre est toutefois à double tranchant pour l'Allemagne, car couplé à un recul du PIB de -0,2%, chiffre confirmé par Destatis lundi.

Dans ce contexte de faible croissance, Berlin va faire face aux appels du pied de ses voisins qui vont réclamer des mesures pour relancer l'économie allemande, et par ricochet, l'ensemble de l'activité de la zone euro.

L'Allemagne "pas pressée"

Dimanche 31 août, le président François Hollande a annoncé la tenue de trois sommets européens à l'automne qui seront consacrés à l'emploi, la croissance et l'investissement.

Le premier est notamment programmé pour le 6 octobre. Le 4 août dernier, le président français avait déjà appelé l'Allemagne à agir. "Nous ne sollicitons pas de l'Allemagne une quelconque indulgence, mais nous lui demandons un soutien plus ferme à la croissance.

Ses excédents commerciaux et sa situation financière lui permettent d'investir davantage. C'est le meilleur service que l'Allemagne peut rendre à la France et à l'Europe", expliquait-il dans un entretien au Monde. L'excédent budgétaire publié lundi donne un argument de poids à François Hollande.

Or le problème est que l'Allemagne fait la sourde oreille. "Les Allemands, de leur côté, ne sont pas pressés. De leur point de vue, ils ont déjà adopté des mesures, y compris l'instauration d'un salaire minimum en 2015", expliquait Frederik Ducrozet à BFMbusiness.com, lundi 1er septembre.

Julien Marion