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L'Europe commence à déployer son corps de garde-frontières

L'agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes est bâtie à partir de l’agence Frontex dotée de missions élargies. Elle sécurise les frontières extérieures de l'Union où la situation est tendue en termes de flux migratoires (Italie, Grèce, Bulgarie).

L'agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes est bâtie à partir de l’agence Frontex dotée de missions élargies. Elle sécurise les frontières extérieures de l'Union où la situation est tendue en termes de flux migratoires (Italie, Grèce, Bulgarie). - Frontex-Flikr

Un premier détachement de 200 agents du nouveau corps européen de garde-frontières a pris position, ce jeudi 6 octobre 2016, à la frontière bulgaro-turque.

L'Europe sait aussi faire avancer rapidement certaines dossiers "critiques". En moins de dix mois, l'Union européenne aura mis sur pied et déployé le nouveau corps européen de garde-frontières et de garde-côtes, sous l'égide de l'agence Frontex, basée à Varsovie. Un délai record qui s'explique à la fois par la pression migratoire qui perdure à certaines frontières (Italie, Grèce, Bulgarie), la menace persistante du terrorisme et la montée des populismes en Europe. "Nous devons savoir qui franchit nos frontières" avait réaffirmé Jean-Claude Juncker, président de la Commission, dans son discours sur l'état de l'Union, mi-septembre 2016.

Ainsi, quelque 200 agents de pays européens et 50 véhicules supplémentaires seront postés, dès le 6 octobre 2016, à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie. Cette structure n'a pas de gardes-frontières en propre. Ses personnels continuent donc d'arborer leurs uniformes nationaux (celui des douaniers ou de la police de l'air et des frontières pour la France) en portant un brassard distinctif du nouveau corps. Ses effectifs permanents atteindront un millier de personnes, plus du double de ceux de Frontex, au terme d'une montée en puissance progressive.

Pour symboliser cet événement, le commissaire Dimitris Avramopoulos se déplace à la frontière bulgaro-turque afin d'assister à cette mise en place des garde-frontières. L'événement est retransmis en streaming vidéo sur le site internet de la Commission, ce jeudi 6 octobre à 10h30 (cliquez ici, pour le suivre).

Une réserve d'intervention rapide de 1.500 agents

Ce corps est composé d’une agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (l’actuelle agence Frontex dotée de missions élargies) et des autorités nationales des États membres de l’espace Schengen, les deux étant coresponsables de la gestion des frontières extérieures à l'Union. La nouvelle agence pourra disposer de son propre matériel, alors que Frontex devait systématiquement adresser, pour ce faire, des demandes de contributions aux États membre, pas toujours enclins à réagir rapidement à ces requêtes.

Dès décembre 2015, Bruxelles avait proposé de créer une nouvelle agence, "conçue pour répondre aux nouveaux défis et réalités politiques rencontrés par l'UE, tant en ce qui concerne la migration que pour la sécurité intérieure". Après le feu vert du Parlement européen en juillet 2016, c'est le Conseil qui a approuvé, le 14 septembre, de manière définitive, la création de cette nouvelle agence.

Outre la gestion des frontières extérieures de l'Union dont elle partagera la responsabilité avec les autorités nationales, le nouveau corps pourra intervenir et coordonner l’action des États pour appliquer des mesures prises par l’Union européenne. L’agence doit enfin pouvoir lancer une intervention rapide aux frontières. À ce titre, elle doit contribuer à la création d’une réserve d’intervention rapide d’au moins 1.500 garde-frontières.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco