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  L'Eurogroupe patine sur le sort de la Grèce

Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, a douché l'optimisme quant à un accord rapide avec la Grèce.

Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, a douché l'optimisme quant à un accord rapide avec la Grèce. - Emmnauel Dunand- AFP

Alors qu’un accord semblait être sur la bonne voie, certains gouvernements européens, dont l’Allemagne, n’ont pas jugé suffisantes les réformes proposées par Athènes. Berlin envisagerait même de demander une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro.

L’optimisme était pourtant de rigueur, samedi, après le feu vert du Parlement grec aux propositions d’Alexis Tsipras, et le bon accueil de ces mêmes propositions par les institutions financières (BCE et FMI). Mais l’arrivée des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles, en début d’après-midi, a vite douché les espoirs d’un accord rapide. "Il y a un gros problème de confiance", a ainsi lancé le patron de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, tandis que son homologue allemand Wolfgang Schaüble n'a pas hésité à prédire des négociations "extrêmement difficiles" avant l'ouverture de la réunion. Et même si la France, par la voix de Michel Sapin, a une nouvelle fois exprimé sa volonté de faire le "trait d’union" entre Athènes et ses créanciers, la tendance générale était à la défiance vis-à-vis d’Athènes.

Sans surprise, ce sont donc de nouveaux efforts que les dirigeants ont demandé à Athènes, pour les convaincre d'ouvrir des négociations en vue d'un accord sur un nouveau plan d'aide. L’Allemagne, de son côté, songerait à deux scénarios : le premier verrait la Grèce améliorer rapidement ses projets de réformes et transférer des biens dont la vente rapporterait 50 milliards d'euros dans un fonds uniquement destiné au remboursement de la dette. Le second se traduirait par une suspension de la Grèce de la zone euro pendant au moins cinq ans, le temps pour elle de restructurer sa dette, le pays restant pendant cette période membre de l'Union européenne. Un plan qui n’a visiblement pas été présenté aux officiels grecs.

>> Revivez la journée de samedi

23h00 - Les discussions se poursuivent tadr

L'Eurogroupe qui doit valider ou non les dernières propositions de réformes de la Grèce en échange d'un nouveau plan d'aide qui peut la sauver de la faillite, se poursuivait samedi soir à 23 heures, quelque neuf heures après avoir débuté.

20h45 - La limitation des retraits d'argent va se poursuivre en Grèce

Même si les banques pourraient rouvrir dès la semaine prochaine en cas d'accord ce week-end, les retraits d'argent seront toujours limités au cours des deux prochains mois, a indiqué George Stathakis, le ministre grec de l'Economie. 

19h00 - "Grexit" temporaire: la Grèce dément

Un responsable grec a indiqué à Reuters que Wolfgang Schäuble n'avait pas évoqué l'hypothèse d'une suspension temporaire de la Grèce de la zone euro

18h55 - Une suspension provisoire de la Grèce envisagée?

Selon le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAS), mais aussi une source européenne citée par l'AFP, Berlin aurait suggéré deux scénarios possibles pour la Grèce, dont celui d'une "suspension" temporaire de la zone euro.

Selon le journal, qui cite un document du ministère des Finances allemand, les propositions d'Alexis Tsipras ne permettront pas "de moderniser le pays et d'apporter croissance économique et développement sur le long terme". Le ministère propose en conséquent deux scénarios possibles pour les négociations en cours.

Le premier verrait Athènes améliorer rapidement ses projets de réformes et transférer des biens dont la vente rapporterait 50 milliards d'euros dans un fonds uniquement destiné au remboursement de la dette. Le second se traduirait par une suspension de la Grèce de la zone euro pendant au moins cinq ans, le temps pour elle de restructurer sa dette, le pays restant pendant cette période membre de l'Union européenne.

18h50 - Les Européens demandent plus d'efforts à Athènes

Les ministres de la zone euro ont demandé à la Grèce de faire plus d'efforts pour les convaincre d'ouvrir des négociations sur une nouvelle aide, selon une source européenne citée par l'agence Reuters

17h00 - Le point sur la situation

Certains partenaires européens de la Grèce ont douché samedi les espoirs d'un accord rapide sur une aide financière au pays, doutant de sa volonté d'appliquer des réformes en échange d'un sauvetage financier et déplorant la confiance rompue avec Athènes. "Il y a un gros problème de confiance", a ainsi lancé le patron de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à son arrivée à Bruxelles.

Plusieurs pays, dans le camp des faucons vis-à-vis d'Athènes, emmenés par l'Allemagne, mettaient en doute ouvertement, en termes très durs, la sincérité du gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras. Le grand argentier allemand, Wolfgang Schäuble, n'a pas hésité à prédire des négociations "extrêmement difficiles" avant l'ouverture de la réunion en milieu d'après-midi à Bruxelles. "Plusieurs gouvernements, dont le mien, ont de sérieux doutes sur l'engagement du gouvernement grec et sur sa capacité à mettre en oeuvre" des réformes, a renchéri le secrétaire d'Etat aux Finances néerlandais, Eric Wiebes.

Même les colombes de l'Eurogroupe, favorables à Athènes, attendaient le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos de pied ferme. "Il faut des réformes mises en oeuvre rapidement (en Grèce, ndlr), c'est la clé de tout (...) pour débloquer un programme, pour traiter la question de la dette", a souligné le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici.

Le ton très dur de plusieurs ministres à leur arrivée a également mis à mal les espoirs suscités par les nouvelles propositions présentées vendredi par la Grèce à ses créanciers.

15h50 - La crise grecque vue par nos chroniqueurs

Phrases choc, formules assassines, les chroniqueurs de BFM Business ne manient pas (toujours) la langue de bois >> Lire la suite

15h10 - Les propositions grecques "loin d'être suffisantes", selon Schaüble

Les négociations au sein de la zone euro pour accorder un nouveau plan d'aide à la Grèce et lui éviter de sortir de l'euro vont "être extrêmement difficiles", a mis en garde le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée à une réunion cruciale à Bruxelles. Selon lui, les propositions grecques sont "loin d'être suffisantes" pour un troisième plan d'aide.

"La confiance a été détruite d'une manière incroyable au cours des derniers mois", a dit le ministre allemand, ajoutant qu'il ne pouvait pas "se reposer sur des promesses" pour accepter de continuer à aider la Grèce.

15h05 - Sapin: "il n'y a pas de tabou de la dette"

Interrogé sur une éventuelle discussion autour de la dette grecque, le ministre a exprimé l'opinion de la France: "Evidemment, la question de la dette est importante pour tout le monde. Est-ce que la dette est soutenable ? Et si oui, dans quelles conditions ? Cela fait partie des sujets qui seront sur la table depuis le début." "Il n’y a pas de tabou de la dette. Mais nous ne voulons pas qu’il y ait une réduction nominale de la dette", a-t-il affirmé.

15h00 - Sapin: "la confiance passe par des décisions rapides"

A son arrivée à Bruxelles, le ministre des Finances français a, une fois n'est pas coutume, rendu hommage à Alexis Tsipras. "Il a eu le courage d’aller devant son Parlement et de faire adopter un mandat de négociation, ce qui lui a permis de constater qu’il avait une large majorité", a-t-il déclaré. Le gouvernement grec a fait preuve de détermination politique. C’est un élément très important pour la confiance qu’il faut retrouver".

"Le deuxième élément positif, c’est le jugement porté par les institutions (FMI, BCE, UE) sur ses propositions. "Une bonne base pour engager des négociations", ce sont les mêmes termes qui ont été employés du côté des institutions et du Parlement grec", a-t-il fait remarquer. Avant d'assurer que la France "jouerait un rôle de trait d’union jusqu’au bout" 

"La confiance passe par des décisions rapides", a-t-il poursuivi. "Mais j’ai entendu le Premier ministre grec dire qu’il était prêt à mettre en place des réformes dès la semaine prochaine. C’est la bonne manière de faire". Selon Michel Sapin, la confiance est "abîmée, non pas vis-à-vis de ce gouvernement, mais de tous les gouvernements grecs depuis des années et des années". 

14h00 - Propositions de Tsipras: plusieurs gouvernements ont "de sérieux doutes"

Selon le secrétaire d'Etat aux Finances néerlandais, plusieurs gouvernements européens douteraient de l'engagement d'Athènes.

"Plusieurs gouvernements, dont le mien, ont de sérieux doutes sur l'engagement du gouvernement grec et sur sa capacité à mettre en oeuvre" les réformes proposées, a déclaré Erci Wiebes à son arrivée à une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles qui pourrait être décisive pour l'avenir de la Grèce dans la zone euro.

13h30 - Christine Lagarde attend "beaucoup de progrès" samedi

"Nous sommes ici aujourd'hui pour faire beaucoup de progrès", a affirmé la directrice générale du FMI, alors que l'Eurogroupe doit rendre un avis sur les nouvelles réformes proposées par le gouvernement grec en échange d'un troisième programme d'aide internationale.

13h25 - Moscovici: la mise en oeuvre rapide de réformes est "la clé de tout"

"Il faut des réformes mises en oeuvre rapidement (en Grèce, ndlr), c'est la clé de tout (...) pour débloquer un programme, pour traiter la question de la dette", a déclaré le Commissaire européen aux Affaires économiques. à son arrivée à la réunion des ministres des Finances de la zone euro.

12h00 - Selon Varoufakis, l'Allemagne veut un "grexit" pour...impressionner la France

L'Allemagne veut que la Grèce soit évincée de l'union monétaire pour intimider la France et lui faire accepter "son modèle d'une zone euro disciplinaire", estime samedi l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

"Ma conviction est que le ministre allemand des Finances veut que la Grèce soit évincée de la monnaie unique pour susciter une crainte de tous les diables chez les Français et leur faire accepter son modèle d'une zone euro disciplinaire", a-t-il notamment déclaré au Guardian.

11h30 - Les banques grecques voient leur avenir s'assombrir

Quel que soit le scénario final, le système bancaire grec devrait subir les conséquences de la crise politique actuelle. >> Lire la suite

11h00 - Berlin entretient le suspense

L'issue de la réunion de l'Eurogroupe, qui se réunira ce samedi, est "totalement ouvert", a estimé le ministère allemand des Finances.

Il a ainsi refusé de commenter un article du journal Bild d'après lequel le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, juge les dernières propositions d'Athènes, soumises jeudi soir, "inappropriées" et s'oppose à de nouvelles négociations.

10h30 - Vidéo: Que peut obtenir Tsipras ?

Alors que les propositions du Premier ministre laissent augurer d'une nouvelle cure d'austérité, la partie n'est pas terminée. La Grèce espère obtenir en échange des concessions de la part de ses créanciers.

9h30 - Grèce: cinq mois de tensions

BFM Business vous retrace, en vidéo, la situation en Grèce depuis l'arrivée au pouvoir en janvier d'Alexis Tsipras. >>Lire la suite

9h00 - Une majorité de Français pensent que Tsipras va gagner son pari

Près de six français sur dix (59%) estiment que le Premier ministre grec Alexis Tsipras va gagner son bras de fer avec l'Union européenne en obtenant que la Grèce demeure dans la zone euro à des conditions plus favorables que prévu, dans un sondage Odoxa pour CQFD sur i>télé et le Parisien samedi. 39% des personnes interrogées pensent le contraire.

8h30 - L'Eurogroupe a reçu l'avis des institutions

Les ministres des Finances de la zone euro ont reçu l'évaluation faite par les experts de l'UE et du FMI des propositions de réformes et demandes d'aide financière présentées par la Grèce, a confirmé samedi matin un porte-parole de l'Eurogroupe.

"Une évaluation effectuée par les institutions en vertu de l'article 13 du traité du MES (Mécanisme européen de stabilité) et une première appréciation relative aux propositions de la Grèce ont été reçues par l'Eurogroupe, qui se réunira à 15h00 (13h GMT)", a déclaré sur Twitter le porte-parole, avant l'ouverture d'une réunion extraordinaire des ministres des Finances dans l'après-midi à Bruxelles.

Les infos de la nuit

Le Parlement grec a donné son feu vert à la proposition d'accord soumise par le gouvernement d'Alexis Tsipras. Le Premier ministre, qui avait fait de ce vote un choix de "haute responsabilité nationale", a recueilli 251 votes positifs sur un total de 300 députés pour aller négocier samedi avec les créanciers du pays (UE, BCE, FMI) sur la base de la proposition qu'il a mise sur la table jeudi soir. Mais il a enregistré les défections de dix députés de son parti de gauche radicale Syriza qui se sont abstenus ou, pour deux d'entre eux, ont voté contre ce plan d'accord.

Y.D. avec agences