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L’Espagne persistera dans l’austérité en 2013

Le Trésor espagnol affirme que les recettes fiscales seront plus élevées que prévu pour 2012

Le Trésor espagnol affirme que les recettes fiscales seront plus élevées que prévu pour 2012 - -

Madrid a présenté jeudi son budget 2013. Il est marqué par l'austérité, le gouvernement ayant préféré réduire les dépenses brutes plutôt qu’augmenter les impôts.

Ces derniers jours en Espagne, la protestation sociale s’est faite intense, la tension s’est accrue sur les marchés. Quelques minutes après que la Castille soit devenue la cinquième région du pays à formuler une demande d’aide d’Etat, portant leurs besoins à 15 milliards d’euros, l’Espagne a présenté son budget 2013. Avec un maître-mot : réductions des dépenses.

Les télécoms et l'énergie déréglementés

Comme attendu, Madrid a durci les conditions de départ en retraite anticipé, mais n’a pas touché à l’âge légal de départ. Alors que la poursuite du gel des pensions était attendue, le budget 2013 inclut au contraire une hausse des pensions de retraite et des bourses des étudiants.

Mais c’est là la seule largesse qu’il autorise. Les dépenses ministérielles seraient réduites de 8,9% en 2013, les secteurs de l'énergie, des télécoms et des services seront ainsi davantage déréglementés. En outre, la création d'une "autorité budgétaire indépendante" est prévue. Elle aura pour rôle de veiller au strict respect des objectifs budgétaires.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé son intention d’adopter de nouvelles mesures pour réformer l'administration publique et le marché du travail. 43 projets de loi portant sur des réformes seront ainsi présentés dans les six mois à venir.

Une rigueur préalable à une demande d'aide ?

Madrid l’affirme, les objectifs de recettes pour 2012 seront atteints, celles provenant de la taxation fiscales seront même supérieures aux prévisions, d’après le Trésor espagnol. Et elles devraient augmenter de 3,8% en 2013. 

Toutefois, pour couvrir ses besoins de liquidité cette année, le gouvernement a décidé de prélever 3 milliards d'euros dans le fonds de réserve de la sécurité sociale.

Ce budget est vu par les investisseurs comme la dernière étape avant une demande d’aide internationale de la part de Madrid. Un scénario qui semble de plus en plus inévitable à l’heure où les taux d’emprunt espagnols flirtent à nouveau avec les 6%. Le chef du gouvernement Mariano Rajoy s’est ainsi dit prêt mercredi, si ce taux restait à un niveau "très élevé pendant trop longtemps", à "demander ce sauvetage".

Le déficit budgétaire du pays a largement dérapé en 2011, atteignant les 8,9% du PIB, bien loin des 6% promis. D'ici 2013 le but est de le diviser par deux, à 4,5%.

Nina Godart et agences