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L'escapade berlinoise de Manuel Valls à 14.226 euros

La flotte gouvernementale comprend 7 appareils et 3 hélicoptères

La flotte gouvernementale comprend 7 appareils et 3 hélicoptères - AFP

L'aller-retour controversé du Premier ministre, samedi soir à Berlin pour assister à la finale de la Ligue des champions de football, est revenu à plus de 14.000 euros à l'Etat. Mais combien coûtent exactement les avions de la République?

C'est un aller-retour qui coûte cher politiquement au Premier ministre. Depuis samedi soir en effet, l'opposition dénonce l'utilisation par Manuel Valls d'un avion de la République française pour effectuer son déplacement à Berlin afin d'assister à la finale de la Ligue des champions qui a vu le FC Barcelone, le club qu'il soutenait, gagner contre la Juventus de Turin. Ce lundi, depuis le G7 en Allemagne, François Hollande est venu à la rescousse de son Premier ministre en justifiant ce voyage. 

L'utilisation d'un avion de la flotte gouvernementale n'a rien d'anormal en la circonstance lorsqu'il s'agit du Premier ministre, selon le député PS René Dosière, grand pourfendeur des dépenses de prestige des dirigeants, sur BFMTV ce lundi.

Il n'empêche, à 4.742 euros l'heure de vol du Falcon 7X utilisé par le chef du gouvernement, l'escapade de 3 heures de vol aller-retour se monte au bas mot à 14.226 euros. Sans compter les 4.742 euros de coût du trajet aller-retour de deux fois 30 minutes entre l'aérodrome de Villacoublay et celui de Poitiers pour que Manuel Valls se rende au congrès du PS. Pas donné pour quelques heures à Berlin. Ce chiffre est justement tiré d'une récente réponse du ministre de la Défense au député PS concernant les coûts d'utilisation de la flotte gouvernementale.

104% de disponibilité...

Pour 2013, derniers chiffres connus, l'heure de vol d'un Falcon 7X a donc coûté à l'Etat 4.742 euros, celle d'un Falcon 2000 4.251 euros et celle d'un Falcon 900, plus petit, 3.998 euros. En revanche, l'heure de vol des hélicoptères Super Puma atteignait 6.411 euros en raison de leur âge. A titre de comparaison, la compagnie Wijet propose à ses clients -essentiellement des hommes d'affaires- des vols à 2.400 euros l'heure. 

L'Etec (Escadron de transport, d'entraînement et de calibrage), successeur du célèbre GLAM, basé à Villacoublay, près de Paris, dispose actuellement de dix appareils: un Airbus A330 (stationné lui à Roissy), deux Falcon 7X ayant un rayon d'action de 11.000 kilomètres, deux Falcon 2000, deux Falcon 900, et trois hélicoptères Super Puma. L'Etec a récemment cédé deux petits Falcon 50 à la Marine nationale pour des missions de surveillance maritime.

Enfin, selon le rapporteur des crédits 2015 de la Défense à l'Assemblée, la disponibilité des avions gouvernementaux seraient de...104% contre 90% pour les avions de chasse.

Le Président premier utilisateur

Toujours pour 2013, la présidence de la République a utilisé l'Airbus présidentiel 243 heures, les Falcon 323 heures, et les Super Puma 3 heures. François Hollande n'hésite pas à utiliser depuis qu'il est à l'Elysée l'appareil acheté d'occasion 176 millions sous Nicolas Sarkozy. En 2013, son utilisation a coûté 5 millions d'euros à la présidence, celle du Falcon 7X 1 million, sur un total de près de 15 millions de frais de déplacement annuel du chef de l'Etat.

Matignon a été le second utilisateur des avions de l'Etec en 2013 avec 186 heures pour l'Airbus, 85 heures pour les Falcon et 7 heures pour les hélicoptères. Vient ensuite logiquement le ministère des Affaires étrangères, avec 65 heures par an pour l'Airbus et 21 heures pour les Falcon. Le ministère de l'Intérieur a été le quatrième client : 13 heures d'Airbus et 108 heures de Falcon.

L'Elysée comme les ministères utilisateurs de cette flotte doivent rembourser en fin d'année les frais d'utilisation au ministère de la Défense dont dépend l'Etec. Ce qu'ils font, mais avec retard...

>> Le coût d'une heure de vol

> Airbus A330: 20.776 euros

> Super Puma: 6.411 euros

> Falcon 7X: 4.742 euros

> Falcon 2000: 4.251 euros

> Falcon 900: 3.998 euros

Source : réponse ministérielle, 6 janvier 2015

P.C