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L’écotaxe verra-t-elle le jour?

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L’écotaxe devait être perçue à compter du 1er janvier de cette année. A la suite des protestations notamment en Bretagne, sa perception a été reportée sine die.

Une Ong vient de rappeler que cela représente un manque à gagner de 100.000€ par heure. Et ce manque à gagner affecte le financement d’infrastructure de transports. "Trop d’impôts tue l’impôt" mais pas d’impôt ruine le service public.

Quelle était l'économie du projet?

Cette taxe avait été décidée par le Grenelle de l’environnement d’octobre 2007. Elle avait alors fait une quasi-unanimité.

D’abord parce qu’elle s’inscrivait dans le cadre de la directive européenne de 1999 confortée par la directive dite "eurovignette" de 2011 dont l’objectif est de réorienter le transport vers le rail notamment, car celui-ci est supposé être moins polluant.

Ensuite parce qu’indépendamment de Bruxelles, elle marquait de fait la volonté de la France de chercher à corriger certaines situations portant atteinte à l’environnement

Enfin parce qu’elle rapportait des fonds utiles pour le développement des transports en commun. Derrière il devait y avoir des extansions de lignes de bus ou de réseau de métros. Le rendement prévu était de 1,2 Mds€ dont il faut déduire la rémunération de l’entreprise qui collecte la taxe et a installé les célèbres portiques et des réductions accordées aux régions supposées les plus excentrées dont la Bretagne.

La contestation a mis en avant la ponction fiscale et aujourd’hui, on est rappelle que cet impôt avait des objectifs non seulement financiers mais aussi de correction des comportements économiques.

Finalement, c'est plutôt un bon impôt?

Vous avez deux conséquences de l’impôt : il rapporte de l’argent aux Etats pour financer leur fonctionnement et leurs investissements. Mais il peut aussi selon son assiette chercher à modifier les comportements des contribuables. Quand on frappe les "riches" , on modifie leur comportement puisqu’ils s’en vont … !!

Là il s’agit de frapper les pollueurs. Ceux-ci font comme les riches : ils résistent. Le problème est celui de la légitimité de leur résistance. Le rôle d’un gouvernement est de défendre l’intérêt général. Si le transport routier met en danger notre santé et l’avenir de la planète par pollution, il est normal de chercher à en réduire l’impact.

Un des problèmes de la situation présente est que le secteur du transport routier est montré du doigt sans que les éléments mis en avant soient parfaitement incontestables. La pollution est un problème, mais en son nom, on prend des décisions qui finissent par devenir elles-mêmes un problème.

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Jean-Marc Daniel