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"L'avenir de l'aviation" menacé sans aides publiques, prévient le patron de Lufthansa

90% des avions de la compagnie sont cloués au sol

90% des avions de la compagnie sont cloués au sol - Christof Stache- AFP

Les capacités de transport du groupe allemand ont été réduites à seulement 5%. Carsten Spohr estime que plus la crise dure, "moins il est probable que l'avenir de l'aviation puisse être garanti sans aides publiques".

La survie du secteur aérien est en jeu si la crise du coronavirus dure, a prévenu jeudi le patron de Lufthansa, dont plus de 90% des avions sont désormais cloués au sol.

"Plus la crise dure, moins il est probable que l'avenir de l'aviation puisse être garanti sans aides publiques", a déclaré Carsten Spohr, cité dans un communiqué détaillant les résultats annuels 2019 déjà publiés la semaine passée.

"La propagation du coronavirus a mis l'économie mondiale et notre entreprise dans un état d'urgence sans précédent" et "personne ne peut en évaluer les conséquences", a expliqué M. Spohr.

Un plan d'urgence valable jusqu'au 19 avril

"En raison de barrières de voyage et de la disparition de la demande", Lufthansa "était forcé de couper drastiquement dans ses opérations de vol", explique le groupe. Les capacités de transport, soit le nombre de sièges proposé sur les avions du groupe allemand, ont été réduites à seulement 5% dans le cadre d'un plan de vol d'urgence, en place jusqu'au 19 avril.

À l'origine, les compagnies aériennes du groupe Lufthansa devaient assurer environ 11.700 liaisons hebdomadaires de court-courrier lors de l'été 2020.

La filiale Austrian Airlines n'opère plus de vols, hormis ceux de rapatriement, au moins jusqu'au 28 mars et Brussels Airlines sera immobilisé du 21 mars au 19 avril. Quelque 140 vols exceptionnels sont également prévus pour le rapatriement de quelque 20.000 voyageurs.

Toutefois, "le groupe est financièrement bien équipé pour affronter une situation de crise extraordinaire", a ajouté le directeur financier, Ulrik Svensson.

Chômage partiel pour une partie des salariés

Lufthansa détient une liquidité totale de 4,3 milliards d'euros. Le groupe a accès à 800 millions de crédits supplémentaires et "met en oeuvre" d'autres levées de fonds. "Nous devons répondre avec des mesures drastiques et parfois douloureuses", a-t-il ajouté.

Lufthansa prévoit notamment de reporter des investissements et de mettre une partie de son personnel au chômage partiel, en mettant à profit des réglementations assouplies que le gouvernement allemand a instaurées pour aider les entreprises à traverser la crise.

Lufthansa avait annoncé la semaine dernier qu'il ne verserait pas de dividende au titre de son exercice 2019. Seule division à voir son activité se poursuivre normalement, la filiale de fret, Lufthansa Cargo, qui cherche même des capacités supplémentaires. Cette exception s'explique par le fait que les marchandises habituellement transportées dans les soutes des avions de ligne doivent l'être désormais davantage par des avions cargo.

C.C. avec AFP