BFM Business

L'Allemagne déclare seule la guerre aux spéculateurs

La chancelière allemande Angela Merkel devant le Bundestag, mercredi. L'Allemagne a déclaré la guerre aux spéculateurs et pris à contre-pied ses partenaires européens qui ont certifié ne pas avoir été consultés sur la décision de Berlin d'interdiction les

La chancelière allemande Angela Merkel devant le Bundestag, mercredi. L'Allemagne a déclaré la guerre aux spéculateurs et pris à contre-pied ses partenaires européens qui ont certifié ne pas avoir été consultés sur la décision de Berlin d'interdiction les - -

par Holger Hansen et Andreas Rinke BERLIN - L'Allemagne a déclaré la guerre aux spéculateurs et pris à contre-pied ses partenaires européens qui ont...

par Holger Hansen et Andreas Rinke

BERLIN (Reuters) - L'Allemagne a déclaré la guerre aux spéculateurs et pris à contre-pied ses partenaires européens qui ont certifié mercredi ne pas avoir été consultés sur la décision de Berlin d'interdiction les ventes à découvert à nu sur certains titres financiers.

La chancelière Angela Merkel, devant le Bundestag, a déclaré que l'euro était en danger. Elle a exhorté l'Union européenne à accélérer la supervision des marchés et à mettre en place une nouvelle taxe financière.

L'Allemagne est prête à agir seule pour interdire des activités critiquées comme étant en grande partie responsables de la crise de la dette dans la zone euro, a ajouté Angela Merkel.

Les dirigeants européens doivent veiller à ce que les marchés ne puissent pas "extorquer" davantage d'argent aux Etats, a-t-elle dit, ajoutant que l'UE devrait introduire sa propre taxe sur les transactions financières si le groupe des 20 pays les plus industrialisés (G20) ne parvenait pas à s'entendre en juin sur le sujet.

"Je réduirai la chose à l'essentiel: l'euro est le fondement de la croissance et de la prospérité, en même temps que le marché commun, également pour l'Allemagne. L'euro est en danger", a déclaré Angela Merkel.

L'interdiction décidée par l'Allemagne concerne les ventes à découvert à nu sur les emprunts d'Etat et CDS souverains de la zone euro. Les teneurs de marché de ces titres de dette souveraine ne sont cependant pas concernés par cette mesure qui est entrée en vigueur mercredi.

Une porte-parole de la Commission européenne a confirmé que l'interdiction n'avait pas été discutée mardi lors de l'EcoFin.

Le commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier, chargé de la régulation financière, a de son côté estimé que les mesures prises à destination des marchés seraient plus efficaces si elles étaient coordonnées au niveau européen.

Il a ajouté que la décision allemande serait abordée lors d'une réunion des ministres des Finances prévue vendredi.

Pour certains analystes, la mesure allemande pourrait être néfaste en entraînant une fuite des capitaux de la zone euro et un accroissement de l'aversion au risque. Certains comparent la décision de Berlin à un acte désespéré.

"Assez curieusement, les eurocrates estiment que les barbares sont à leur porte, que la citadelle de l'UEM (Union économique et monétaire) est assiégée et que toutes les ressources sont nécessaires pour repousser les adversaires et les athées dont la cruauté n'a d'égale que leur ignorance", note Stephen Jen, du hedge fund BlueGold.

La mesure allemande, ajoute-t-il, est d'autant plus difficile à comprendre que "les plus gros vendeurs d'emprunts européens sont les fonds de pension européens, pas les hedge funds américains".

Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Dominique Rodriguez