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L'agriculture reste un des atouts de la France

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Le salon de l’agriculture vient d’ouvrir ses portes. L’agriculture est un des atouts de la France même si elle ne pèse plus beaucoup dans notre économie.

La France est, du fait de la nature, une puissance agricole. Mais l’agriculture compte de moins en moins dans une économie au fur et à mesure qu’elle se développe. 

La valeur ajoutée représente 28 Mds € (pour une production de 75 Mds €). Et les agriculteurs sont très subventionnés (11 Mds € dont 9,5 viennent de l’Union européenne). Mais l’agriculture est un secteur très exportateur avec un excédent agro-alimentaire de 12 Mds €.

L’exode rural dans un pays est une des composantes du développement. Il correspond normalement à une amélioration de la productivité agricole et ne signifie pas une baisse de la production.

En France, cette production est de 75 Mds € ; une fois que l’on enlève ce que les économistes appellent les consommations intermédiaires (c’est-à-dire pour l’agriculture: le gaz oil des tracteurs ou l’achat d’engrais), on obtient la valeur ajoutée qui est de 28 Mds €. C’est ce que l’on compare normalement au PIB, ce dont on étudie la croissance. L’agriculture représente donc 1,5% du PIB

Pour avoir le revenu des agriculteurs, il faut ajouter les subventions ; en effet, l’agriculture est un secteur très subventionné. C’est le cas en Europe, c’est aussi le cas aux Etats-Unis. En Europe, cela s’appelle la PAC et cela rapporte 9,5 Mds E aux agriculteurs français, auxquels il faut ajouter les subventions restées nationales (1,5Mds €)

A bilan final, les agriculteurs gagnent-ils bien leur vie ?

Objectivement, non. Le revenu agricole moyen n’a pas augmenté depuis 2000. Conséquences, le nombre d’emplois dans le secteur continue de baisser. En 50 ans, plus de 3 millions d’exploitations ont disparu.

Evidemment, cela dépend des secteurs et il y a deux secteurs qui sont dans une situation plus favorable : le secteur céréalier d’abord. La France est un producteur de référence de blé et elle joue en la matière dans la cour des grands. Le secteur viticole ensuite. La France reste le producteur mondial de référence pour le vin même si elle doit faire attention à la concurrence italienne, espagnole ou sud-africaine.

Est-ce que ces secteurs en pointe jouent un rôle déterminant dans notre économie ?

Oui, dans la mesure où ils contribuent à l’essentiel de notre excédent extérieur agricole. Celui-ci est de 12 Mds €, comparable à celui de l’aéronautique. L’agriculture nous paie un tiers de notre pétrole. Cela est très important. Et sur ces 12 milliards, 40% viennent du secteur viticole. Le bordeaux, le cognac, le bourgogne sont mondialement connus.

Jean-Marc Daniel