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Inversion de la courbe du chômage

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On peut considérer que l’engagement clé de cette année 2013 était de la part du président de la République celui de l’inversion de la courbe du chômage. Si de fait la situation est stabilisée, il est de plus en plus clair que la reprise ne résoudra pas le problème de fond.

Si le chômage s'est stabilisé, la reprise ne résoudra pas le problème de fond d’un chômage durablement installé dans le paysage économique français. Ce que les économistes appellent le chômage structurel est en France de 9% de la population active.

Inversion ou non de la courbe du chômage ?

Les derniers chiffres connus indiquent que la situation a cessé de se détériorer. Mais la reprise de 2014 sera selon l’expression de l’Insee « poussive ». Avec 0,9% de croissance en 2014 et une augmentation de la population active de 120 000 personnes, le chômage ne reculera pas de façon significative. La croissance prévue pour 2015 -1,7%- devrait le faire reculer mais il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur 2015.

Espoir quand même

Oui et non. La France va connaître une reprise cyclique. La production de 2013 a enfin atteint de nouveau celle de 2008. Mais ce qui est important, c’est la tendance de long terme, indépendamment des fluctuations conjoncturelles. Or de cycles en cycles, chaque reprise est moins vigoureuse si bien que subsiste un socle de chômage qu’il semble impossible de faire baisser, ce que les économistes appellent le chômage structurel. Et en France, ce chômage structurel est élevé : 9% de la population active alors qu’il est de 7,5% au Royaume-Uni, 7% en Allemagne et 6,5% aux États-Unis.

Comment le réduire ?

Qui dit chômage structurel dit réformes structurelles. Ce sont elles que nos partenaires réclament régulièrement à notre sujet. Il y a typiquement deux types d’action à mener : d’abord un allègement des contraintes qui portent sur le fonctionnement du marché du travail. Quand 80% des nouveaux contrats sont des CDD, cela signifie que les entreprises y regardent à 2 fois avant d’embaucher. C’est parce qu’une erreur d’embauche, compte tenu des règles de licenciement, est lourde à corriger. Ensuite une amélioration de l’employabilité, notamment des jeunes. C’est-à-dire qu’il faut que le système scolaire soit à la fois plus pratique dans ses contenus et plus exigeant afin que les entreprises aient le maximum d’information sur les jeunes qu’elles envisagent de recruter. Le rapport Gallois proposait d’accroître le nombre d’apprentis pour le porter à 500 000 ; la ministre des Universités veut rapprocher l’université des entreprises. Autant de discours qui vont dans le bon sens mais qui pour l’instant sont restés lettre morte.

La rédaction