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Hôpitaux publics: des "écarts inadmissibles" de tarifs

Le coût d'une hospitalisation varie en fonction des établissements dans le secteur public (illustration).

Le coût d'une hospitalisation varie en fonction des établissements dans le secteur public (illustration). - -

Se soigner en France ne coûte pas le même prix selon les hôpitaux. Dans le secteur public, le coût d'une journée d'hospitalisation peut aller de 500 à 2.230 euros pour une même prestation.

En France, malgré la protection sociale, il faut payer pour se soigner. En moyenne, une hospitalisation coûte 26 euros à un patient après remboursement par les complémentaires santé, révèle une étude publiée jeudi 22 mai par 60 millions de consommateurs. Sans l'intervention des complémentaires de santé, la facture atteint même en moyenne 511 euros. Un chiffre impressionnant, alors que 4 millions de Français n'ont pas de mutuelle, selon Le Parisien.

Par ailleurs, pour une même prestation, la facture peut très largement varier selon les hôpitaux publics, indique l'Observatoire citoyen des restes à charge, qui a mené l'étude (1). Il dénonce des "écarts inadmissibles" de tarifs et des "situations totalement incompréhensibles".

De 500 à 2230 euros par jour

Les tarifs journaliers varient ainsi très fortement d'un hôpital public à l'autre, y compris pour des prestations et des durées de séjour identiques. "En médecine générale, pour une même prestation, le tarif journalier peut par exemple aller d’environ 500 euros à 2.230 euros pour des types d’établissements ayant des profils assez proches en termes d’activités", révèle l'Observatoire selon lequel ces tarifs "s'apparentent à une variable d'ajustement du budget de l'hôpital".

Avant le remboursement des complémentaires, la participation au coût des soins est la part la plus importante de la facture. En écartant les soins exonérés à 100% ou pour lesquels un forfait de 18 euros est appliqué (pour les actes lourds), le patient (ou sa complémentaire) doit s'acquitter d'une somme qui représente 20% du coût du soin.

Or, les tarifs qui servent de base de calcul pour ces 20% sont définis de "manière totalement opaque", selon l'observatoire. Ces tarifs sont "plus onéreux et surtout beaucoup plus variables au sein des hôpitaux publics" que privés, indique l'étude.

Proposition "presque discrétionnaire"

Les tarifs du secteur public "sont fixés après validation de l'Agence régionale de Santé et sur proposition presque discrétionnaire du directeur de l'établissement de santé, sans forcément de rapport avec le coût réel de production des soins", explique l'observatoire citoyen des restes à charge en santé.

Ce dernier demande que "soient facilement accessibles sur les sites internet des hôpitaux les principaux tarifs journaliers de prestation qu'ils pratiquent". Il demande aussi "aux pouvoirs publics de prendre les mesures nécessaires pour réduire ces distorsions de tarifs qui accentuent les inégalités d’accès aux soins".

(1) Etude réalisée à partir des données recueillies par les mutuelles de 240 000 personnes hospitalisées en 2012 par l'Observatoire citoyen des restes à charge créé par 60 millions, le CISS, un collectif d'associations de patients, et Santéclair, une filiale de plusieurs complémentaires santé.

M. K. avec AFP