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Santé: le plan d'économies de Marisol Touraine mal accueilli

Marisol Touraine et son plan d'économies sont dans le collimateur des professionnels de la santé.

Marisol Touraine et son plan d'économies sont dans le collimateur des professionnels de la santé. - -

Les mesures proposées par la ministre des Affaires sociales pour réaliser 10 milliards d'économies ont essuyé les critiques de nombreux professionnels de la santé, vendredi 25 avril.

La pilule semble difficile à avaler du côté des professionnels de la santé. Les mesures présentées par Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, pour dégager 10 milliards d'euros d'économies à l'Assurance maladie d'ici 2017 ont en effet essuyé de nombreuses critiques, vendredi 25 avril.

Le premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF, a ainsi dénoncé un plan "inique et inacceptable" et demandé "une répartition équitable des efforts entre tous les acteurs du système de santé".
Selon la CSMF, le gouvernement exerce une plus forte pression sur les cabinets de médecins libéraux ou généralistes que sur l'hôpital, alors que les premiers ont déjà "très largement participé aux efforts d'économie en maîtrisant (leurs) dépenses et en respectant l'objectif qui (leur) était assigné".

Les hôpitaux mis à contribution

Parmi les 10 milliards d'euros d'économies annoncées par le gouvernement, 2,5 milliards concernent la chasse aux actes inutiles ou redondants et la consommation de médicaments inadaptée, 3,5 milliards la baisse des prix des médicaments et un recours accru aux génériques. Les hôpitaux seront spécifiquement mis à contribution à hauteur de 2 milliards. Le développement de la chirurgie ambulatoire, qui permet une sortie de l'hôpital le jour même de l'intervention, devrait permettre près d'un milliard d'économies.

La CSMF salue le développement de la chirurgie ambulatoire. Toutefois, "il faut pour cela doter les soins de ville libéraux des moyens de le faire, et surtout de s'organiser pour éviter les hospitalisations et développer la prévention. Or, dans le plan énoncé par la Ministre, il n'y a aucun investissement de programmé", déplore la CSMF.

"Une politique d'austérité dangereuse"

De son côté, l'association des accidentés de la vie (FNATH) a émis des "inquiétudes pour des personnes dont l'état de santé peut être fragile et qui nécessitent une hospitalisation plus longue". Le développement de l'ambulatoire "ne peut se faire que de manière concertée et réfléchie".

La CGT santé estime quant à elle que "les mesures proposées par la ministre ne vont qu'aggraver la situation des hôpitaux et amener encore plus de mécontentement dans la population". "Ce sont des recettes supplémentaires qu'il faut trouver, et non pas des économies sur le dos des personnels et des usagers".

Pour sa part, le regroupement de professionnels de santé UFML "dénonce une politique d'austérité dangereuse en matière de santé", qui vise "à renforcer toujours plus le pouvoir de l'État sur le secteur sanitaire".

Y. D .avec AFP