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Hollande sur le Brexit: "il ne faut pas céder au chantage"

François Hollande explique qu'il fait ce qu'il faut pour le Royaume-Uni reste dans l'Europe.

François Hollande explique qu'il fait ce qu'il faut pour le Royaume-Uni reste dans l'Europe. - Stéphane de Sakutin - AFP

Le président français assure qu'il fait "ce qu'il faut pour que nous puissions garder le Royaume-Uni dans l'Europe". Les négociations sont encore en cours à Bruxelles.

Les négociations pour éloigner le spectre d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE patinent à Bruxelles. D'abord annoncé comme "English Breakfast", la réunion est devenue au fil de la journée et des négociations un "brunch", puis un "lunch" pour finir par un dîner.

Invité de France Inter, François Hollande a assuré qu'il faisait "ce qu'il faut pour que nous puissions garder le Royaume-Uni dans l'Europe". Néanmoins, il rappelle qu'il pense à l'intérêt de l'Europe. "Quand l'Europe n'est pas là, le monde peut connaitre des crises supplémentaires". C'est pourquoi, pour le président il "faut que l'Europe puisse avancer".

"Ce qui manque à l'Europe, c'est un projet", a encore soutenu François Hollande. "Je vais prendre des initiatives, que la Grande-Bretagne reste ou ne reste pas dans l'Europe, pour que la zone euro puisse être encore plus forte et plus dynamique", a-t-il promis.

"Un compromis sera trouvé, je l'espère (...). Mais je ne vais pas laisser un pays ami, la Grande-Bretagne, dans la situation où il pourrait satisfaire son opinion publique, elle-même traversée, divisée, au risque de ne pas faire avancer l'Europe justement pour régler les problèmes qui sont les nôtres: la croissance, l'emploi, l'agriculture, les réfugiés, la cohésion, la politique extérieure...", a-t-il ajouté.

"Si les Britanniques veulent sortir, je le regretterai pour l'Europe, pour la Grande-Bretagne, pour la France, mais j'en prendrai acte", a-t-il dit sur France Inter. "Que la Grande-Bretagne reste ou non, l'Europe devra prendre des décisions au lendemain du référendum", a-t-il ajouté.

Deux sujets de blocage

Et pour cela, le chef de l'Etat ne compte pas laisser dicter sa conduite par le Royaume-Uni. "Il ne faut pas céder au chantage, il ne faut pas céder à quelque chantage que ce soit". Il précise: "c'est la Grande-Bretagne, par la voix de David Cameron, qui dit 'aidez-moi à rester dans l'Europe'. Mais pas à n'importe quelle condition".

François Hollande explique que les négociations bloquent sur deux sujets. Tout d'abord, la place de la City. "La Grande-Bretagne veut une place particulière avec des organes particuliers. Là je dis non". Le président précise que la place financière anglaise doit avoir les mêmes règles et les mêmes organes de contrôle. Ensuite, l'autre point d'achoppement est les allocations sociales. "Le Royaume-Uni veut que les Européens qui viennent travailler n'aient pas les mêmes prestations sociales. Certains pays n'acceptent pas ces différenciations".

Par ailleurs, François Hollande a appelé les pays membres de l'espace Schengen à "raisonner en Européens" sur les migrants. "C'est le sujet majeur de ce (vendredi) soir (...) Si les frontières intérieures ferment, si Schengen n'est plus appliqué, ces réfugiés vont rester en Grèce, un pays qui a déjà des difficultés économiques considérables, qui va en faire quoi?", a relevé François Hollande en soutenant le Premier ministre grec Alexis Tsipras qui menace de ne pas signer d'accord sur le "Brexit" si ses partenaires ferment leurs frontières.

D. L.