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Hollande: "Oui, il y aura de nouvelles baisses d'impôts l'an prochain"

"Le président de la République réaffirme son objectif d'une baisse d'impôts en 2017. Mais cela ne se fera pas sans condition."

"Je préfère qu'on garde de moi l'image d'un président de la République qui a fait des réformes même impopulaires plutôt que celle d'un président qui n'aurait rien fait". François Hollande, au micro d'Europe 1, revient sur ses décisions pendant son mandat. Et d'après lui, ces réformes ont eu l'effet escompté, même si cela prend du temps. 

C'est pourquoi il peut affirmer aujourd'hui: "Oui, il y aura de nouvelles baisses d'impôts" l'an prochain. Mais cela ne se fera pas sans condition. "Il faut que nous ayons des marges de manoeuvre". Il précise que le montant et les modalités seront décidés cet été. 

Le président de la République ajoute : "Une baisse va se poursuivre pour les entreprises puisque le pacte de responsabilité n'est pas achevé. Il me paraît logique, juste que les ménages puissent avoir leur part de la redistribution. Si les comptes s'améliorent, si la croissance se précise, il y aura un geste du côté des ménages".

Pas "juste" d'augmenter la TVA

Par ailleurs, il estime qu'il ne serait "pas juste" d'augmenter la TVA, comme le proposent "certains candidats aux primaires de la droite".

"Quand je vois que certains candidats aux primaires de la droite veulent augmenter la TVA, je dis ce n'est pas juste, parce que ça va toucher tous les Français indifféremment", a affirmé le Président. Alain Juppé propose notamment d'augmenter la TVA de 1 point afin d'alléger de 10 milliards d'euros les cotisations familles des entreprises.

Pas d'allègement d'ISF

"Pour les contribuables à l'ISF, ils peuvent déduire une partie de cet impôt en investissant dans les petites et moyennes entreprises. Je pense que ce mécanisme suffit", a déclaré le Président. Et il précise: "Il n'y a pas de raison d'en rajouter dès lors que nous avons déjà eu sur l'ISF un certain nombre d'améliorations".

Chômage, "la bataille n'est pas gagnée"

"La bataille n'est pas gagnée" dans la lutte contre le chômage, a reconnu François Hollande, expliquant qu'elle ne le serait "que quand on aura sur plusieurs mois une baisse continue du chômage".

"Nous avons depuis le début de l'année 50.000 chômeurs en moins", a souligné le chef de l'État, mais "c'est une bataille, c'est un combat", et "je me bats tous les jours", a-t-il ajouté.

Menace sur la rémunération des patrons

François Hollande n'a pas hésité à hausser le ton au sujet de la rémunération des patrons. Si le code Afep-Medef n'est pas appliqué, "à la loi d'intervenir". Cela signifie que les décisions des assemblées générales d'actionnaires pourront être immédiatement exécutoires.

Soutien au projet Hinkley Point d'EDF

"Je suis favorable à ce que ce chantier puisse se faire, le président d'EDF a demandé aux salariés d'être consultés et il y aura donc une enquête qui sera menée, une expertise qui sera faite et qui, dans les prochaines semaines, donnera sa vérité". Et François Hollande d'ajouter: "Nous avons besoin d'avoir une industrie nucléaire qui soit de haute performance, de haute sûreté en France". Il poursuit: "Nous ne pouvons pas laisser non plus à l'exportation d'autres venir sur des terrains qui jusqu'à présent pouvaient être français".

"Je ne céderai pas sur la loi Travail"

Le président de la République réaffirme qu'il ne retirera pas la loi Travail. Les mouvements de manifestation contre ce texte se poursuivent ce mardi 17 mai, pourtant François Hollande ne compte pas bouger: "Je ne céderai pas". En revanche, le président de la République a tenu à mettre en garde. "Manifester c'est un droit, casser c'est un délit donc cela sera puni". François Hollande précise concernant cette violence: "Nous devons faire très attention".

D. L.