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Hollande ne compte pas abandonner la loi Travail

François Hollande parle aux Français.

François Hollande parle aux Français. - Stéphane de Sakutin - AFP

"Le président de la République a été très clair sur le projet de loi El Khomri. Il ne va pas la retirer."

François Hollande a été clair, la loi Travail "ne sera pas retirée". Mais il peut y avoir des "corrections" apportées lors du débat parlementaire, a-t-il précisé. Il vante une réforme faite pour "clarifier les règles" pour les salariés et les employeurs.

Le président de la République a soutenu que "discuter, concerter", ce n'était "pas céder à la rue", alors que des organisations de jeunesse et des syndicats de salariés, dont CGT et FO, appellent depuis plusieurs semaines à manifester pour le retrait du projet de loi, qui sera débattu dans l'hémicycle de l'Assemblée début mai.

La version présentée en conseil des ministres n'est "pas celle qui avait été initialement préparée, mais moi j'entends, je participe aussi du dialogue, je ne me fige pas dans des positions et j'essaie de trouver le bon équilibre", a dit le locataire de l'Elysée. Rappelant que "90% des embauches" se faisaient actuellement en CDD, François Hollande a expliqué que l'objectif de la loi travail était "qu'on puisse embaucher avec un contrat à durée indéterminée et qu'on puisse clarifier les règles pour les salariés, clarifier les règles pour les employeurs".

Hollande en décalage par rapport à Macron

D'une manière générale, le président de la République a soutenu qu'il mènerait les réformes en cours "jusqu'au bout". Le président a également cité le projet de loi sur l'égalité et la citoyenneté. Quant à la troisième grande réforme, le locataire de l'Elysée a mentionné "celle sur la transparence, sur la lutte contre la fraude fiscale, sur la lutte contre ce qui est le désordre des marchés, le blanchiment", et ce "en plein dans l'actualité avec ce que l'on appelle l'affaire Panama papers". "Par ailleurs, nous avons à voter des lois de finances, de financement de la Sécurité sociale, il y aura le prélèvement à la source qui pourra trouver sa place en 2018 et il faut le préparer dès à présent", a poursuivi François Hollande.

François Hollande est en décalage avec son ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Celui-ci a déclaré quelques heures plus tôt à Londres que l'exécutif avait décidé d'"arrêter une partie des réformes", sans préciser lesquelles. "C'est toujours compliqué de lancer des réformes à la fin d'une mandature", a déclaré le ministre lors d'une conférence organisée par le quotidien économique Financial Times sur l'avenir de l'Europe.

Il a notamment évoqué "beaucoup de tensions sociales causées par la situation économique" en France. "Nous avons décidé d'arrêter une partie des réformes mais je dirais que 60%, 70% sont en train d'être faites ou seront faites", a-t-il déclaré, sans préciser quelles réformes seraient arrêtées. Il a évoqué une "approche pragmatique".

D. L. avec AFP