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Hollande: "aucun tabou" sur les réformes à mener

François Hollande et Angela Merkel ont affiché leur unité, ce jeudi 30 mai.

François Hollande et Angela Merkel ont affiché leur unité, ce jeudi 30 mai. - -

Le président de la République recevait, ce jeudi 30 mai, la chancelière allemande Angela Merkel, avec laquelle il a tenté d'afficher son unité. Les deux dirigeants ont ainsi fait front commun pour renforcer la croissance et l'emploi, via une contribution commune.

C'est dans un contexte pour le moins compliqué que François Hollande a accueilli Angela Merkel, ce jeudi 30 mai. Les chiffres du chômage pour le mois d'avril ont été mauvais, et surtout, la veille, le président français a critiqué l'exécutif européen en déclarant que la Commission européenne "n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire". Des mots qui ont été mal accueillis outre-Rhin.

Néanmoins, les deux dirigeants européens ont tenté d'afficher l'unité du couple franco-allemand, lors de leur conférence de presse, en mettant en avant, ce jeudi, une contribution commune, qu'ils défendront devant leurs partenaires européens. Celle-ci met notamment l'accent sur le chômage des jeunes, thème qui sera au cœur du sommet européen des 27 et 28 juin prochains.

> Des mesures pour les jeunes et les entreprises

Sur ce point, il s'agira de mobiliser les 6 milliards d'euros de crédit prévus par le budget européen et de "les dépenser dans les meilleurs délais et via le meilleur dispositif", dixit François Hollande.

La contribution propose également de faciliter l'accès du crédit aux PME, via la Banque européenne d'investissement (BEI) "qui apportera de la liquidité et du crédit aux entreprises innovantes", notamment dans les pays européens les plus touchés par la crise.

Un fonds devrait, en outre, être créé pour soutenir "les pays qui engagent des politiques de compétitivité" dans la zone euro, et pourrait être alimenté par la future taxe sur les transactions financières". "Nous (France et Allemagne, ndlr) sommes capables d'emmener l'Europe vers la croissance et l'emploi", a ajouté François Hollande.

> Vers un président de l'Eurogroupe à plein temps

"Sur l'organisation de la gouvernance économique, nous sommes d'accord ensemble pour qu'il y ait plus de sommets de la zone euro avec un président à temps plein de l'Eurogroupe qui aurait des moyens renforcés", a ensuite affirmé François Hollande, révélant la seule véritable annonce de cette réunion entre les deux dirigeants européens.

François Hollande, lors de sa conférence de presse du 16 mai dernier, avait déjà évoqué sa volonté de créer un gouvernement économique de la zone euro, avec un président. Le but étant de lutter contre la fraude fiscale, et de permettre des convergences sur le plan social.

> François Hollande veut toujours inverser la courbe du chômage

Réagissant aux chiffres du chômage, François Hollande a estimé que ces mauvais chiffres sont notamment la cause d'"un manque de solidarité à l'égard des jeunes et des seniors ainsi qu'un défaut de compétitivité", en France.

Il a expliqué que son gouvernement "agi dans ses deux directions"."Il y a des mesures de moyen terme (...) et des mesures d'urgence que je veux accélérer pour atteindre" son objectif. Cet objectif, François Hollande l'a encore affirmé, ce jeudi: inverser la courbe du chômage avant 2013. Ce, malgré de nombreux vent contraires...

> "Il n'y a pas de tabou" sur les réformes à mener

François Hollande est également revenu sur les propos qu'il a prononcés à l'encontre de Bruxelles. Il a assuré "qu'il n'y a aucun tabou" sur les réformes qui doivent être menées, "et qui seront menées", a-t-il insisté.

"La Commission européenne est dans son rôle quand elle donne des domaines où nous devons agir", a affirmé dans un premier temps, le président de la République. Mais "les détails, les procédures et les manières relèvent de l'Etat et du gouvernement" sinon '"il n'y aurait pas de souveraieneté possible", a-t-il tempéré.

> La croissance et l'austérité: "les deux faces d'une même pièce"

Sur le débat qui oppose croissance et austérité, Angela Merkel a expliqué qu'il n'y avait pas lieu de choisir: "l'assainissement budgétaire et la croissance sont les deux faces d'une même pièce et ne sont pas contradictoires", a-t-elle déclaré. "Les deux (croissance et assainissement) doivent être menés de paire", a abondé François Hollande.


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Julien Marion