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Grèce: 15.000 fonctionnaires mis à la porte

L'adoption de nouvelles mesures de rigueur a provoqué de nombreuses manifestations dimanche 28 avril en Grèce

L'adoption de nouvelles mesures de rigueur a provoqué de nombreuses manifestations dimanche 28 avril en Grèce - -

Le parlement grec a adopté, dimanche 28 avril, de nouvelles mesures de rigueur. Parmi elles la restructuration du secteur public et la suppression de 15.000 postes de fonctionnaires.

Le parlement grec a adopté, dimanche 28 avril, de nouvelles mesures de rigueur réclamées par la Troïka, comprenant essentiellement la restructuration du secteur public et le renvoi de 15.000 fonctionnaires.

La nouvelle loi a été adoptée, à l'issue d'un débat houleux à l'assemblée, par 168 voix sur un total de 292 députés présents. 123 d'entre-eux ont voté contre tandis qu'un député a simplement voté "présent".

La réduction du nombre de fonctionnaires était l'une des conditions posées par la Troïka pour débloquer une nouvelle tranche de prêts de 8,8 milliards d'euros dont la Grèce a besoin pour payer les fonctionnaires et les retraites. Une aide totale de 240 milliards a été consentie depuis 2010 à ce pays pour lui éviter la banqueroute, en échange de la poursuite des mesures d'austérité.

La loi adoptée ne comporte qu'un seul article, une pratique récurrente pour contraindre les députés à voter l'ensemble des dispositions. Ainsi, outre la restructuration du secteur public, elle prévoit l'extension d'un impôt foncier, imposé en 2011, mais en le réduisant de 15%.

Le texte prévoit également l'ouverture à la concurrence de nouvelles professions et des facilités de paiement pour permettre à l'Etat de récupérer des milliards d'euros d'arriérés d'impôts et de cotisations sociales auprès des ménages ou d'entreprises endettés.

"Le chômage va s'aggraver"

Le principal parti de l'opposition, la Gauche radicale (Syriza), a déposé une motion d'anticonstitutionnalité de la procédure d'urgence, mais qui a été rejetée par le parlement.

Les nouvelles mesures de rigueur en Grèce entraînent encore une fois la colère de la population et des syndicats. "Cette politique d'austérité va beaucoup trop loin", dénonce Front des travailleurs (Pame). Les partis d'opposition ont dénoncé un amendement déposé à "la dernière minute" par Yannis Stournaras prévoyant la réduction du salaire minimum mensuel à 490 euros contre 580 d'euros actuellement.

De son côté, la centrale syndicale du privé (GSEE) fustige le gouvernement qui "avec ce projet de loi conduit des milliers de fonctionnaires au chômage dont le taux, actuellement à 27%, va encore s'aggraver".

Diane Lacaze avec AFP