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Gérard Collomb favorable à une période d'essai allongée pour les CDI

Le sénateur maire socialiste de Lyon appelle à réformer le CDI pour le rendre plus flexible.

Le sénateur maire socialiste de Lyon appelle à réformer le CDI pour le rendre plus flexible. - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK – AFP

Le sénateur-maire socialiste de Lyon propose, dans une interview à l'Usine nouvelle, préconise de rendre le CDI plus flexible en l'assortissant d'une période d'essai de "deux à trois ans".

La réforme du contrat de travail serait-elle sur le point de devenir une marotte socialiste? Après l'intérêt exprimé par le Premier ministre Manuel Valls pour le contrat unique, le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, se prononce en faveur d'une évolution du CDI, ce 18 novembre dans l'Usine Nouvelle.

Le contrat à durée indéterminée pourrait être "plus flexible au début", propose le sénateur-maire issu de l'aile libérale du Parti socialiste. "Le contrat serait signé avec une période d’essai de deux ou trois ans, par exemple, pour que l’entrepreneur évalue le salarié et l’évolution de l’activité", explique-t-il.

Reprenant à son compte un thème cher à l'ancienne patronne des patrons, Laurence Parisot, celui de la "flexisécurité", Gérard Collomb précise encore son idée: "la sécurité augmenterait au fil du temps, avec des périodes de préavis rallongées, des indemnités plus conséquentes."

Le contrat unique, le CPE, exemple de réforme du contrat de travail 

Cette idée n'est pas sans rappeler le contrat première et nouvelle embauche, les CPE et CNE, annoncés par Dominique de Villepin, alors Premier ministre en 2006, et finalement abandonnés.

Ce contrat s'adressait aux jeunes à la recherche d'un emploi (pas forcément le premier d'ailleurs), et prévoyait une "période de consolidation" de deux ans durant laquelle l'employeur pouvait rompre le contrat de travail sans en donner le motif. De son côté, le salarié, s'il rompait sa collaboration durant cette période, était considéré comme démissionnaire et ne touchait pas le chômage.

Ce débat fait aussi écho au contrat unique, cher à l'économiste et prix Nobel français de l'Economie Jean Tirole. Ses bases ont été posées par un rapport rédigé par deux économistes, professeurs à Polytechnique en 2004. Il s'agit d'un contrat à durée indéterminée qui comporte la possibilité pour l’employeur de le rompre plus facilement, notamment pour motif économique, sans obligation de reclassement, ni possibilité de contestation de ce motif devant la justice. L'employé, lui, reçoit une indemnité correspondant à 10% de son salaire brut sur la période travaillée. 

N.G.