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Gattaz: "Si on ne change pas l'Europe, (…) on risque d'avoir d'autres Brexit"

Pierre Gattaz s'inquiète de l'avenir de l'Europe.

Pierre Gattaz s'inquiète de l'avenir de l'Europe. - Bertrand Guay - AFP

Le président du Medef a mis en garde Bruxelles sur le manque de "vision européenne" et de "fierté européenne".

Pierre Gattaz a mis en garde mercredi à Bruxelles contre le risque "d'autres Brexit" si l'Union européenne "ne changeait pas". "Si on ne change pas l'Europe, si on ne la rend pas plus attractive, plus visible, plus simple, plus attrayante, on risque d'avoir d'autres Brexit", a déclaré le président du Medef, principale organisation patronale française, lors d'une rencontre avec la presse.

"Il n'y a pas de vision européenne. Je ne la vois pas. Il n'y a pas de fierté européenne. Est-ce que je suis fier d'être européen? Je ne sais pas... Oui, un peu", a-t-il ajouté, estimant qu'il n'y avait "pas de récit, pas de vision, pas d'ambition" à l'échelle européenne. "Cette histoire de fierté est fondamentale. Il faut être fier de son pays, il faut être fier d'être européen", a poursuivi Pierre Gattaz. "Moi, je n'étais pas très fier de mon pays pendant trois, quatre ans", a commenté le président du Medef, en référence au quinquennat de François Hollande, jugeant la France "dans un état pas bon du tout".

"Le droit du travail français est devenu tellement compliqué"

À l'inverse, Pierre Gattaz a estimé qu'avec son élection, Emmanuel Macron incarnait "un espoir (...) de changement, de jeunesse". Il s'est félicité de la réforme du Code du travail proposée par le nouveau président français, "la priorité de la France" selon lui.

"Le droit du travail français est devenu tellement compliqué, complexe, délirant qu'on perd un temps fou dessus", a-t-il martelé.

"La stratégie du gouvernement" français, qui a prévu une cinquantaine de réunions avec les partenaires sociaux, "me paraît très intéressante parce qu'il donne le temps à la discussion", a estimé Pierre Gattaz.

Le président du Medef a cependant regretté que "la roadmap qui a été présentée" mardi ne soit "pas très détaillée". Emmanuel Macron a une "ouverture extraordinaire, attendue dans le monde entier. Il ne faut pas la gâcher", a-t-il insisté. Et d'ajouter: "J'ai dit à l'équipe de Macron: si vous faites des réformes, pas besoin d'en faire cinquante. Vous en faites trois et vous les marketez dans le monde entier pour que les gars de Philips, les gars de Siemens, les gars de Lego (...) se disent 'Tiens, il se passe quelque chose en France'".

D. L. avec AFP